Comme les choses changent... Du statut de conjoint drappé de dignité et de moralité conjugales, me voici désormais transposé dans le rôle d'amant, bien que perdu en rase campagne. Suis-je devenu une courtisane en bonne et due forme ? Étrange destin. Mais les faits sont pourtant parlants : un homme, doté de bien des qualités (et non des moindres), délaisse régulièrement femme et enfant pour venir passer des soirées avec moi. Je n'aurais pas imaginé telle chose il y a encore un mois ou deux. Disons que cela revêt une dimension autre du fait de l'isolement. À Paris, c'eût été insignifiant ou inaperçu. Ici, c'est différent. Pourtant, le quotidien de courtisane semble plus enviable que celui d'épouse... et je parle en connaissance de cause ! Moments de passion, les avantages sans les inconvénients, pas de quotidien morne et fade avec les engueulades qui y sont attachées, et enfin, liberté de faire ce que bon me semble avec qui me sied. Je n'envisageais pas une seule seconde pareille évolution. Cependant, cela n'aura qu'un temps, j'en suis bien conscient.
De même que le passage ici.
England calling, comme aurait pu dire Joe Strummer...
The heart stops.
What a week!
Events are escalading. First, the potential job abroad. This afternoon, one of the two culprits springs from his guilty past and I'm supposed to have some kind of explanation with him over the phone tonight and he mentionned not wanting to lose my 'friendship'. And tonight, I get a call from my sex-beast from down under who even got me to show my dick to him on my webcam. A first for me! And South Africa's just legalised gay weddings... I'm feeling euphoric tonight. I asked him to bring me back a cheetah. Those animals are so elegant, graceful, noble, mysterious, posh... in one word: feline. Everything's going at a whirlwind's pace and despite my not liking it here, I'm sort of ecstatic. Eerie feeling I haven't felt for yonks. Perhaps I'll get a stuffed cheetah? If YOU read this, then you'll know what I'm talking about and, yes, of course, it is a direct coded message to you. But are you reading it, huh?
So much for the promising piece of news. I am now waiting for this week's call from Glasgow with bated breath. Will it turn out that I am off so soon to return to the fair island? Please, let it be so! Even if Scotland seems to be the destination where the final decision will occur, I am still nurturing hopes that England, my England, will be where I land and settle. Going back to the ghost of things now past but which could live again.
Oh, England, my Lionheart...
Brillant échange ce soir avec ce cher T. très en forme pour la répartie et autres commentaires. Je suis même tenté d'en citer quelques extraits. Mais après tout, il s'agit de nos échanges de vieux potes, alors non, je me les garde. Il est heureux que j'aie eu un récent échange - fort plaisant - avec un gentleman œuvrant dans la noble profession du soulagement de maux en tous genres et je lui rends encore grâce de sa douceur, de ses présents et de ses conseils (j'ai d'ailleurs pu faire usage du gel à l'arnica... et non ! pour tous les ignares, ça sert pas à faire des trucs avec son sexe, mais à soulager bleus, coups, hématomes etc). Enfin, les miens me font toujours mal. C'est pour lui, au passage, que j'ai voulu illustrer ce post d'un caducée stylisé que j'ai trouvé très classieux.
Mais la bonne nouvelle du jour, c'est mon potentiel prochain voyage en Écosse pour un boulot pour lequel j'ai postulé. Le passage ici aura peut-être été de courte durée. Toutefois, rien n'est encore fait. La perspective de retourner enfin sur cette île si aimée et qui me manque tant depuis des années m'enchante et la chanson de U2 me revient en mémoire. Étrange parcours si j'en arrive effectivement là. Au final, Auntie F. avait bien raison quand elle me disait que "a good shit's better than a bad fuck".
Encore trois plombes passées au téléphone et sur webcam avec M. hier soir. Décidément, j'ai le chic pour me foutre dans des situations compliquées. Il m'a même dit cash de ne pas tomber amoureux de lui (ah, ah !). Moi qui souriais à la lecture du dernier post du beau J. hier... Encore une fois, je me demande où je vais et surtout, pourquoi je ne suis pas capable de tomber amoureux d'un mec pas compliqué. Je crois que j'ai eu ma dose avec les problèmes des autres. Du coup, je m'évade ou plutôt, je fais semblant de m'évader en vivant par clavier interposé. Je rêve de vie insulaire et lorgne irrémédiablement du côté des îles où j'ai laissé mes attaches. Je suis séduit par les paysages désertiques de certaines régions du monde parce qu'elles reflètent exactement mon état d'esprit. Mais je ne suis pas sûr d'avoir envie de sécheresse. Une fois de plus, les îles, entourées d'eau, protégées (comme la laine et les cheveux !), uniques, singulières sont, j'ai l'impression, le seul lieu où je pourrais arriver à me situer. Les démarches reprennent donc. Mais avec une sorte de résignation plus légère que depuis fin août... ce qui n'en fait pas moins une sorte de résignation. De fuite en avant. D'interminable route symbolique. Ce qui manque tellement dans nos misérables vies : la bande son et les routes droites s'élançant jusqu'à l'horizon.
To each his own...
Je pestais déjà contre un week-end de deux dimanches (mais vu l'endroit où je me trouve, quelle différence ?) quand hier m'est parvenue une nouvelle traduction à effectuer pour le Bureau du Tibet en France. Oui, je fais du bénévolat. Et oui, je n'en fais pas que dans des associations homos (dont je suis passablement revenu). Ce genre d'activité me permet de garder un peu la tête au-dessus de l'eau et de ne pas regarder que mon nombril parce que j'ai déjà pris mon nouveau boulot en grippe au bout d'un mois. Et je ne parle même pas de mon cadre de vie. Bref... Pourquoi le Tibet ? Parce qu'il s'agit d'un des seuls (si ce n'est LE seul) peuple de toute l'Histoire à avoir réellement appliqué à la lettre les préceptes de non-violence, de profonde spiritualité, d'absence de conquête territoriale etc. et que fait-on pour lui aujourd'hui alors que la Chine martyrise cette population ? Rien. On est bien trop soucieux de s'assurer des contrats juteux avec le gouvernement chinois. Encore et toujours, on est dirigé par l'intérêt et le profit. Comme toujours. Comme partout. Alors, un petit coup de main à ma modeste mesure ne me coûte au final pas grand-chose et j'ai le plaisir d'aider ces gens qui en ont bien besoin. Et puis aussi, c'est futile et vain de dire ça, mais quelque part, ça me rapproche de Thom Yorke.
Que feriez-vous à ma place ?
Il ne veut pas m'oublier. Il veut me garder une place dans sa vie. Il veut que nous restions proches. Mais... il m'a plaqué en ayant attendu de se trouver un remplaçant, malgré plusieurs années de relation pourrie. Il m'a rétrogradé au rang d' "ami", au même titre que les deux putasses. Il ne supporte pas que je lui dise les choses directement. Il est, dit-il, conscient de m'avoir brisé le cœur. Il a les larmes aux yeux quand il parle de moi aux amis (les vrais). Il m'a proposé de ne pas nous contacter pendant quelques temps parce que je prenais les choses aussi mal. Mais... Auntie F. m'a conseillé avant-hier au téléphone d'aller jusqu'à snobber son anniversaire dans un mois. Que faire ? Part of me simply can't let go but reason tells me to just forget him and severe him from my life. Peut-on si facilement et tout simplement effacer cinq années de vie ? Un mec dont on était vraiment amoureux ? Dois-je me draper dans ma dignité et l'ignorer avec superbe ? Ou bien quand même lui souhaiter son anniversaire alors qu'il attend que je fasse un geste envers lui, ce qui lui montrera que je pense toujours à lui (et donnera ainsi satisfaction aux deux pouffiasses) ?
Love, where is thy victory? Love, where is thy sting?
Événement hier...
N'en déplaise à certains, un chevalier servant est venu me chercher pour m'emmener visiter Strasbourg hier en toute fin d'après-midi. Il faisait déjà nuit, mais j'ai enfin été fouler le pavé strasbourgeois pour la première fois. L'expérience était étrange. Premièrement parce que je ne m'attendais pas à le revoir lui, suite à nos récents ébats, et deuxièmement parce que cela fait aujourd'hui un mois que je suis arrivé en Alsace et que je réalise que je n'étais pas retourné en milieu urbain depuis lors. Des rues. Des boutiques. Des gens. Et même une boutique de fringues où je devrais trouver de quoi me vêtir (et Dieu sait que je suis difficile !)... Je me rends compte que mon impression est celle de Patrick McGoohan dans 'The Prisoner'. Je me sens prisonnier du lieu. Loin de tout centre urbain et surtout sans possibilité de m'en échapper. Peut-être que mon état d'esprit du moment y est en fait favorable, histoire d'adoucir la transition pour le prochain chapitre. C'est ça. Je me sens en transit avec un goût d'impossibilité de changement. Illusoire, certes, mais bel et bien présent. Et on s'habitue à tout. Même si on reste bloqué sur le passé, cherchant à comprendre le pourquoi du récent naufrage. Et la pilule ne passe décidément pas.
"I am not a number. I am a free man."
Étrange sentiment que celui qui se développe ces derniers temps. Le traumatisme semble s'estomper petit à petit malgré la virulence des réactions dès que le sujet est à nouveau évoqué. Toute l'affaire ne serait-elle qu'une affaire d'habitude ? Se pourrait-il que tout cela n'ait duré aussi longtemps que par simple habitude ? Je ne pense pas. Pourtant, je m'occupe de sorte à éviter d'y penser, bien qu'ils soient dans mes pensées, l'un et l'autre. Chaque fois que j'apprends quelque chose rétrospectivement, la puissance du coup ou de l'attendrissement revient me heurter de plein fouet. Le beau J. pourrait sourire à ces mots, s'il lisait mon blog, parce que je lui ai donné bien des conseils tout en n'étant pas vraiment capable de me les appliquer à moi-même. Mais c'est toujours plus facile de conseiller autrui (private pun that only you will get!).
Et malgré ce bien que je me fais pour panser mes blessures, je me fais traiter de caricature de pédé parce que je cherche (et qu'il m'arrive aussi de "consommer"). Soit. Alors, j'assume. Je SUIS pédé, après tout ! J'en ai pas pris plein la gueule toute ma vie à cause de ça pour m'empêcher d'en récolter quelques avantages (bien peu, soyons réalistes) de temps en temps. D'ailleurs, je suis encore étonné de l'avalanche de contacts qui me tombe dessus depuis mon arrivée ici. Certes, je suis assez souvent connecté sur plusieurs tchats et j'ai pris la décision d'être passif et de ne plus contacter personne. Et étonnamment, on me contacte. C'est curieux et a parfois des conséquences inattendues. C'est la seule chose qui, je pense, puisse m'aider à me reconstruire et à acquérir un semblant de confiance en moi. Merci la Force (même si le choix de ce visuel me catapulte en arrière).
May the Force be with you.
And hopefully with myself too.
"An error does not become truth by reason of multiplied propagation."
- Mahatma Gandhi
"Et au plus élevé trône du monde, sis ne sommes assis que sus notre cul."
- Michel de Montaigne
"Freres humains, qui après nous vivez
N'ayez les cueurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis."
- François Villon