En argot russe, "bleu" (qui se dit "golouboï"), ça veut dire "pédé". Ça change du rose. Perso, je préfère, le bleu ayant toujours été ma couleur préférée.
Quoi qu'on en pense, la gay pride a son intérêt et son utilité. Certes, les drag-queens et les mecs en string sur les chars du Queen et du Dépôt, ça me donne plutôt envie de gerber qu'autre chose. Certes, la musique est à chier (sauf au char de PopinGays). Certes, il y a le problème de ce que viennent filmer les caméras de Télé-Propagande-Étatique (= TF1), c'est-à-dire précisément ce que beaucoup d'entre nous n'aiment pas. Et évidemment, c'est cette image-là que les homophobes (voir notre nouveau gouvernement... merci à tous les pédés inconscients qui ont voté à droite !) vont brandir contre nous : c'est vrai que nous sommes et resterons des déviants, des pervers, des dangers publics etc.
Si on lorgne du côté de la Sainte Russie (et d'autres régions où c'est encore pire), faudrait quand même que les petits fi-fils à papa d'ici qui viennent râler parce que "Euh... la gay pride... c'est trop nul...p'tain, j'y crois pô... Fuck la gay pride... mais je vais quand même aller m'inscrire sur dial h ou aller au Queen pour me faire sauter parce que quand même !" réfléchissent deux secondes. Les Français (comme le Général le disait fort à propos) étant des veaux et grâce à leur choix récent (et c'est pas fini !), on se retrouve quand même avec parmi nos ministres une vieille ordure qui, selon moi, porte l'entière responsabilité d'avoir laissé brandir dans les rues des pancartes incitant au meurtre et à la barbarie : "Les pédés au bûcher". Elle a organisé sa putain de manif anti-pacs ; elle est donc coupable à mes yeux. Et cette vieille ordure est aujourd'hui en position de prendre des décisions influant sur les destinées des citoyens. Or, le pédé a très bonne mémoire (enfin, moi... pas tout le monde, manifestement).
Alors, évidemment les droits LGBT ne sont pas les seuls critères à prendre en considération pour voter mais quand même... Bref, nous n'en sommes pas encore à une situation semblable à celle de Moscou en France, mais prudence... Et au lieu de cracher sur des acquis péniblement gagnés, à nous tous de faire changer les choses de l'intérieur. Il n'y a que nous qui puissions le faire. Pas les caméras de TF1.
Mais tout cela est bien utopique, évidemment. Il n'existe naturellement pas de communauté homo unie et solidaire. Ce n'est que pure illusion, vous le savez bien... La communauté gay, c'est Happy Tree Friends.
Bored.
Bored with waiting for a click to be triggered.
So, I'm deciding to move on. Always move on.
For the time being, no expectations. Simply waiting to hit London - which is only a matter of days, now. It's all becoming true.
I want to feel a thrill and I'm actually starting to. A sense of enthralment. As if life was to begin, really. Intense. Palpable. Tangible. Succinct. Yet wide. Like the aerial density of their magical musical touch. Again and again.
Funny how, funny how sometimes someone you thought to be in a more advanced position in life turns out to actually be lagging behind. Sometimes you realise that you have overtaken them. Not to mention all the symbolic dates that are converging towards some major awareness.
And things are being set into motion. Life now seems to take on a magic sparkle and to be full possibilities - from a purely personal point of view of course, definitely not in the broader scope.
I could have made it start like a Divine Comedy song but I had already used its title previously.
Le week-end à Grenoble a été fort réussi : sorties, rencontres, travail même. Et surtout beaucoup à échanger avec mon hôte. Plaisir de revoir des lieux familiers où j'ai vécu, où les souvenirs sont toujours bien présents malgré le changement dû au temps. Avec de la nouveauté malgré tout, comme la visite de lieux inexplorés (et l'aller-retour en œufs). Fantastic view from up above and I'm so bloody stupid not to have brought my camera along so I could have at least taken my own photos.
L'ère précédente me paraît temporellement déjà lointaine, comme tout ce qui se rattache au fucking ex. Comme si le goulag avait malgré tout représenté un dernier lien me rattachant à lui. Depuis mon départ, je sens que ce fil a été sectionné et que je m'en suis maintenant bel et bien affranchi. Je me sens enfin complètement libre. Et c'est une sensation grisante. With an open mind for what is to come next.
Il m'aura fallu trois jours avant de trouver le temps de m'exprimer à nouveau. La période goulag (ou originairement "Lac des Cigognes") a officiellement pris fin vendredi soir, lors de mon départ du goulag. Malgré l'immense soulagement, ça m'a fait quelque chose de laisser derrière moi des gens adorables que je côtoyais à la mine. Passé la dernière soirée alsacienne à Strasbourg chez E.. Nous sommes descendus acheter des pizzas bio et E. m'a fait lever le nez vers une grande porte fenêtre au second étage d'un immeuble, derrière laquelle un homme et une femme étaient en train de s'accoupler sans pudeur (et probablement intentionnellement pour qu'on les voie).
Le lendemain midi, après un appel d'au-revoir de la part d'Y., E. m'a accompagné à la gare où j'ai pris mon train pour Paris. Les interminables quatre heures de voyage sont passées en un éclair grâce à la sympathique compagnie de trois Camerounais qui voyageaient dans mon compartiment et qui m'ont fort gentiment offert des chocolats avant d'entamer la conversation. Je sais donc maintenant qui est "Popaul" au Cameroun !
Comme d'habitude depuis octobre, mes passages à Paris sont immanquablement des marathons pour tenter de voir les amis, régler quelques petites affaires et éventuellement passer du bon temps. Mais j'ai réussi à briser l'odieuse malédiction dont T. m'avait fait prendre conscience.
Départ demain pour Chambéry où m'attendent déjà quelques réjouissances avant le grand saut pour London.
L'excitation me gagne.
There we are.
Last look around the place before leaving.
I'm leaving the gulag today, after my last day of work. It's a strange feeling to leave a place where you've been spending all of your time for months, with the knowledge that the daily routine is coming to a close. Not saying I'll never come back but...
The experience has been a good one, in spite of its harshness: psychological retreat, met nice people, discovered things about work and the products. So, I'm not casting a spiteful or scornful eye on the whole experience even though I'm glad it is now over.
Having to face the future now is unsettling, though. It's looking up - brilliant conditions to hit London next month - but still the fear and tediousness of living like a student at my age. I'm feeling the need to 'settle down' somewhere, somehow - and hopefully with someone, even if this someone is not interested or hasn't come forward yet.
Am I doing the right thing?
Off I go...
... Avant le départ.
Hier matin, en allant bosser, toujours au même endroit, juste avant l'orée de la forêt, j'ai revu l'habitué des lieux : l'écureuil roux, de nouveau en plein milieu de la route. Pas eu le temps de le prendre en photo mais j'aime à croire qu'il me disait au revoir.
Des au revoir, il y en a d'autres que j'aurais bien aimés mais impossibilité de la chose. Je reste donc sur cette image que j'ai prise moi-même à Pâques lors de cette fameuse nuit passée avec O..
Et je lui souhaite un bon rétablissement.
Aujourd'hui, alors que se terminent enfin ces deux années d'agonie politique du pays, on sait enfin à quelle sauce amère on va être achevé.
Un nabot nazillon au pouvoir.
Les Français sont vraiment des cons.
Je suis content de partir en exil !
It took me two days to react. Fucking ex played his final card then, the details of which I shan't go into. But his deed definitely unfolded his true nature. How could I be so blind and literally waste my time for five whole years? His last and final deed irremediably blew up the vague remnants of an already not-so-good image I retained of him. I now see what a self-centred and sickening bastard he was, is and most probably will remain. Fortunately, the reason for this ultimate contact I have managed to solve in the best possible way. But the shock is real and the impact is deep. Again.
All of this despite his subsequent apologetic e-mail this morning. Way too easy.
This is the end.
Tout s'est précipité depuis avant-hier. Je saurai demain quand aura lieu mon départ (probablement d'ici une dizaine de jours). Phénomène étrange, c'est toujours à la fin des épreuves pénibles que les choses s'adoucissent (cf Minneapolis). J'ai un petit pincement au cœur de laisser derrière moi des gens très chouettes rencontrés à mon travail ici. Mais c'est ailleurs que j'envisage mon avenir (quid du présent ?). Cette incertitude me noue l'estomac et l'angoisse me gagne, mêlée d'une certaine excitation de retourner dans ma patrie de cœur, bien que je porte sur la vie là-bas comme sur la vie en France, un regard objectif. Chacune a certaines qualités et certains défauts. Point d'idéalisation. I know what I'm talking about.
Ce soir, je tape ces lignes tout en écoutant les deux crapules jeter de la poudre aux yeux des Français, je ne peux donc que me réjouir de partir. Outre-Manche, il y a aussi des problèmes sociaux qui y rendent la vie difficile. Pourtant, j'ai choisi avec un peu plus de liberté cette fois-ci. Tous semblent penser qu'effectivement, c'est là-bas dans mon autre patrie que ma vie prendra un sens.
For the third time, time will tell.
"An error does not become truth by reason of multiplied propagation."
- Mahatma Gandhi
"Et au plus élevé trône du monde, sis ne sommes assis que sus notre cul."
- Michel de Montaigne
"Freres humains, qui après nous vivez
N'ayez les cueurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis."
- François Villon