Hjartað hamast eins og alltaf en nú úr takt við tímann...

31/07/2007

31/07/07 - 15:45

Clavier-plume



Mes "encourageurs" vont être contents aujourd'hui. Je me suis mis à écrire. J'ai eu une sorte d'idée hier soir, tard. Un point de départ. Comme lors des romans-photos de 'G&T'. Sauf que ce coup-ci, je ne dois pas me contenter de concevoir mais également de réaliser. Je suis content d'avoir eu cette idée. J'espère que je vais réussir à tenir sur la durée, que T. va être une source d'inspiration (pourquoi l'espéré-je, il l'est déjà indéniablement dans ce domaine). Tenter de disséquer tout en observant un recul sur l'objet de mon étude. La séclusion est forcément nécessaire pour l'exercice et j'ai pu m'y adonner depuis hier soir, histoire que germe l'idée. Mais il est essentiel pour moi que ce travail, car c'est bien de cela qu'il s'agit, ait un sens, un but. Sans quoi, il est vain et inutile.
P. m'a encore une fois fait rire et m'a éclairé sur divers points ce week-end. C'est quand même bien d'avoir des gens autour de soi qui font preuve d'une réelle attention et observent un respect et une estime véritables. Je ne suis pas à plaindre de ce côté-là. Pourtant, la solitude est une étape qu'il faut apprendre à maîtriser. Je pense y être parvenu. Pas de nouvelles de L. depuis le week-end dernier, mais aucun désespoir, aucune réaction cyclothymique de ma part. Mon évolution semble être réelle. Du moins sur le plan affectif, et si ça ne me remplit pas de joie, du moins ça m'apaise et me rassérène. Reste encore le gros, gros problème professionnel qu'il devient de plus en plus urgent de résoudre. Mais au moins, je crois m'être enfin résigné et avoir intégré le fait qu'il ne faut pas attendre après un hypothétique mec. Il faut avancer. De toute manière, on est seul (toujours tout seul au monde, comme disait l'autre). Je n'en suis même pas triste. J'ai enfin compris et ça soulage vachement. Je m'attache simplement à observer les atmosphères, les impressions, les sensations qui me prennent. Me plonger en elles et tenter d'en extirper l'essence-même afin d'avancer. À pas de fourmi, certes, mais avancer tout de même.

30/07/2007

30/07/07 - 21:02

Bis repetita

Journée qui s'est étirée en longueur, sans le plaisir de voir L., histoire de ne plus y penser. La situation côté boulot a du mal à se débloquer. Donc, rien ne bouge : toujours démoralisé et découragé. Inutile donc de répéter ce qui me mine, je l'ai déjà fait à plusieurs reprises.
Je sais, la solution pour débloquer le tout est en moi. C'est facile de dire ça, je le sais depuis un moment mais quand est-ce qu'elle va enfin apparaître ? Parce que j'ai beau chercher, et Dieu sait que je me triture l'esprit en permanence, je trouve que dalle. Je trouve assez déplaisants les donneurs de leçons sur MSN qui ne sont même pas foutus de montrer leur gueule et de dire que c'est pas possible que je trouve pas. Plus le temps passe et plus je deviens persuadé que seul le piston (ou le méga-coup de bol improbable à la rigueur) arrivera à mettre un terme à la situation. N'empêche que... Que font les chômeurs ? On n'est que 12 membres du groupe "chômeurs actifs". Je serais curieux de connaître la proportion de pédés chômeurs en France. Elle est où, cette putain de "communauté" ? Elles sont où, les mains tendues ? Elle est où, cette foutue solidarité ? Nulle part. Chacun pour soi et que les autres crèvent. Facile de parler de ceux qui ont des boulots. Quand on voit les prix pratiqués dans le Marais, on se demande bien où va tout le fric qui y transite. Certainement pas dans des emplois pour des gens compétents et capables (et désireux !) de bosser.
Mais bon... je sais que je parle dans le vide...

23/07/2007

23/07/07 - 19:36

Ite, Roma est.

Comment me remettre de la fin de la seconde saison de 'Rome' hier soir sur BBC2 ? En regardant 'Clapham Junction' sur Channel 4, aimable fiction sur notre condition de pauvres homos. Enfin, ça ne cassait pas trois pattes à un canard. On s'habitue vraiment aux personnages des séries. On les suit avec une régularité qui les rend plus réels que ceux sortis d'un film (à quelques rares exceptions près).
En m'endormant hier soir, pour la première fois de ma vie, je crois que je me suis senti bien en réalisant que j'étais seul dans mon lit. Et je ne sentais plus cette sorte de manque, de demande pour savoir qui, où, quand arrivera le prochain salaud potentiel. Autosuffisant, voilà le but à atteindre. Pour vivre heureux, vivons sans l'Autre. Les leçons de L. commencent vraiment à porter leurs fruits dirait-on. D'accord, j'ai rendez-vous devant le cimetière - how Goth! - dans une heure avec un Anglais pour... Mais bon. Je n'y vois pas plus que ce pour quoi nous nous sommes contactés. Peut-être dînerons-nous ensemble ensuite mais je me vois très bien revenir dormir dans mon lit ici. Je n'ai pas envie d'être à nouveau pris en otage par le jeu des émotions.

Je tiens à exprimer ma gratitude à Victor, kolokani, Ernie, ReveuReveur et rush-of-blood pour leurs mots de ces derniers jours. Touchants. Merci.

Et bien sûr, à L....

21/07/2007

21/07/07 - 22:43

Impermanence



Today's the first day of the rest of my life...
Aujourd'hui, c'est comme si ma vie avait pris une direction. D'abord, j'ai fait une passe, ma première. Jamais je n'aurais imaginé la chose se passer ainsi, ni se passer tout court, d'ailleurs (et je suis ici pour m'exprimer, partager mes réflexions et mes expériences).
Ensuite, je suis retourné à Old Street voir L., pas vu depuis trois semaines alors qu'il m'avait encouragé à me jeter à corps perdu dans l'aventure A., et je suis resté trois heures dans son bureau à parler, parler, parler. Comme communiquer est simple, spontané, et évident avec lui ! C'en est presque irréel. Il est en main avec un mec en ce moment et semble y être attaché. Et je lui souhaite de tout cœur que ça dure autant qu'il le souhaite. Même à mon détriment parce que tout est tellement limpide, clair et sans arrière-pensée avec lui que je ne peux pas en ressentir de jalousie, d'amertume ou de tristesse... L'attraction est toujours là, j'en ai eu l'assurance incontestable. Nous arrivons à nous dire les choses de manière tellement simple ! Pourquoi les autres mecs ne peuvent-ils pas être aussi simples ? Ce serait le bonheur sur terre ! Et encore une fois, ses paroles me submergent de positivité, d'encouragement, de foi, d'espoir, de sérénité. Personne n'a jamais réussi à m'apporter ce qu'il m'apporte. Pourtant, alors que je m'éloignais de St Luke's en me retournant pour prendre la photo de cet endroit désormais si émotivement chargé, avant de m'engouffrer dans le métro, je ne ressentais pas de déchirement, de manque, d'angoisse, de fatalité ou de résignation. L. est. C'est tout. Je jouis des moments où je le vois. Je sens sa bienveillance envers moi. Elle est palpable. Tangible. Voir L. cet après-midi m'a même fait oublier ce que j'avais fait avant de venir le voir. Ma première passe est recalée à un non-événement insignifiant et anecdotique. L. me fait envisager les choses au travers d'un prisme insolite. Les choses prennent sens et deviennent évidentes. L'engueulade "of sorts" hier soir avec A. sur MSN m'a finalement aidé à surmonter l'épreuve au bout de trois semaines. Et les paroles de L. (et le courriel de T. la semaine dernière) m'ont été salutaires. Je crois n'avoir jamais croisé quelqu'un d'aussi encourageant, d'aussi constructif et d'aussi prometteur. The future is full possibilities. Même les plus improbables. Tout est clair. Serait-ce à dire que je mûris en ce moment ? Les choses n'arrivent, paraît-il, pas par hasard. Même si L. ne devient pas l'homme de ma vie (et je ne suis pas désespéré en disant cela), il aura eu un impact considérable (tant sexuellement que psychologiquement) alors que nous ne nous connaissons que depuis un mois. Étant plutôt du genre farouche, je ne m'attendais pas à faire une telle rencontre et celles de ce genre, dans une vie, sont rares et belles. Profondément. And meaningful. Intensely. I rejoice at the mere thought of it and I cherish the impression of universal love it has been giving me since.

18/07/2007

18/07/07 - 15:18

Suicide

Vir fortis ac sapiens non fugere debet e vita, sed exire; et ante omnia ille quoque vitetur affectus qui multos occupavit, libido moriendi. Est enim, mi Lucili, ut ad alia, sic etiam ad moriendum inconsulta animi inclinatio, quae saepe generosos atque acerrimae indolis viros corripit, saepe ignavos iacentesque : illi contemnunt vitam, hi gravantur. Quosdam subit eadem faciendi videndique satietas et vitae non odium sed fastidium, in quod prolabimur ipsa impellente philosophia, dum dicimus : "Quousque eadem ? Nempe expergiscar, dormiam, esuriam, farciar, algebo, aestuabo. Nullius rei finis est, sed in orbem nexa sunt omnia, fugiunt ac sequuntur. Diem nox premit, dies noctem, aestas in autumnum desinit, autumno hiems instat, quae vere compescitur; omnia sic transeunt ut revertantur. Nihil novi facio, nihil novi video : fit aliquando et huius rei nausia." Multi sunt qui non acerbum iudicent vivere, sed supervacuum. Vale.

(L'homme courageux et sage ne doit pas s'enfuir de la vie, mais en sortir. Et avant tout, on évitera aussi cet état d'âme qui en a gagné beaucoup : je veux dire le désir de mourir. Il y a, mon cher Lucilius, pour la mort, comme pour d'autres choses, un penchant inconsidéré qui s'empare souvent des esprits nobles et des caractères les plus déterminés, comme des lâches et des faibles : les premiers méprisent la vie; pour les autres, elle est une charge. Certains en ont assez de faire et de voir les mêmes choses et ont pour la vie non de la haine, mais du dégoût. C'est sur cette pente que nous pousse la philosophie quand nous disons : "Jusqu'à quand la même routine ? Vais-je encore m'éveiller, dormir, avoir faim, me remplir, avoir froid, avoir chaud. Rien ne connaît de fin; au contraire, dans le monde, tous les éléments s'écoulent et s'enchaînent. La nuit chasse le jour, le jour chasse la nuit, l'été s'achève à l'automne, l'automne est pressé par l'hiver qui s'évanouit devant le printemps; tout passe de manière à revenir. Je ne fais rien de neuf, je ne vois rien de nouveau : cela donne quelquefois la nausée." Nombreux sont ceux qui ne jugent pas la vie pénible, mais superflue. Salut.)

SÉNÈQUE, Lettres à Luc., III, 24, 25-26.

... Alors, au lieu de poser une question idiote sur le JDI, en voici une ici : suicide, courage ou lâcheté ?

17/07/2007

17/07/07 - 22:01

Overdose

Je m'amusais à chercher des planches des 'Frustrés' de Claire Bretécher il y a quelques minutes afin d'en choisir une pour illustrer mon post de ce soir (ou avec du Calvin & Hobbes). Quand on détour d'un clic, je suis tombé sur une page me menant droit sur le site de l'écrivaine C. D., amie du fucking ex. C'est une fille très talentueuse, extrêmement drôle, en compagnie de qui j'ai eu quelques fous rires (quand le fucking ex ne se bourrait pas la gueule) et je me suis donc empressé de lire ce qu'elle disait sur Bretécher avec grand intérêt. Stupéfaction. C. D. semble partager la même vénération pour 'Les Frustrés' que moi mais décrit son impression à la lecture d'une interview dans laquelle la célèbre dessinatrice semblait aigrie.
Et c'est là que j'ai eu peur. Je broie du noir - encore et toujours, on a beau changer de lieu, on ne peut manifestement pas se fuir soi-même - et j'ai eu l'impression de comprendre Bretécher. De concevoir pourquoi elle pouvait être misanthrope et écœurée par ce qu'elle a probablement observé au cours de sa vie.
J'ai laissé un commentaire sur le blog de quelqu'un ici que je trouve très intéressant et un tiers m'a répondu de vous laisser rêver. Est-ce que le fait de galérer toujours autant à 36 balais parce que, rien à faire, impossible de trouver un job, parce qu'on se fait systématiquement couillonner par tous les mecs qu'on approche d'un peu trop près, aurait réussi à faire de moi un aigri misanthrope ? La phase nymphale est peut-être (certainement ?) en plein bouillonnement qui passe inaperçu. Effectivement, je ne crois plus à rien. Les désillusions s'enchaînant les unes après les autres, que ce soit au niveau d'un improbable boulot qui n'arrivera jamais parce que je n'ai pas le bon piston (pas de piston tout court, d'ailleurs) avec l'écœurement de tout le temps se faire rabaisser par les "bien-pensants" (vous savez, cette putain de France qui se lève tôt, vous voyez ce que je veux dire ?) ou à celui d'un mec parfait après lequel il faudrait que je rêve ? Et ben non ! J'en ai plein le cul d'attendre après ce salaud. Quelques uns se sont succédés pour m'y faire croire et m'ont fait mordre la poussière à chaque fois. Soit ce sont des salauds qui se donnent le beau rôle en essayant de me larguer avec un vernis d'élégance, en restant amis (mais c'est bizarre, c'est toujours le même qui largue et il s'énerve toujours parce que je ne comprends pas), soit ils ne sont de toute manière jamais disponibles parce qu'en couple et qu'ils ne font que de l'hygiénique avec moi, "good for exercise" comme dit Auntie F.. Et oui, j'assume et je n'ai pas honte de baiser avec des mecs en couple (qui dans la totalité des cas font toujours la démarche de me contacter, pas l'inverse). Alors, certes, je rêve - j'ai rêvé - moi aussi de l'amour parfait (la chanson d'Anaïs, découverte chez le premier super beau mec qui m'a fait l'honneur de coucher avec moi sur GA, pas de nom, il se reconnaîtra s'il lit ce post, ce dont je doute), mais c'est bel et bien fini toutes ces conneries parce que non, ça n'existe pas. Remarquez, si. Il y en a un dont je lis régulièrement le blog aussi et franchement ça m'attendrit, ce qu'il écrit. Mais bon. Pour un comme ça, combien de couples ridicules, idiots, infidèles, ensemble par défaut, lâches, inconscients, aveugles... que sais-je encore ? Et combien de ruines aigries dans mon genre ? Traitez-moi d'aigri, j'ai décidé de m'en foutre. J'en ai marre de batailler. Ce soir, le ras-le-bol s'est généralisé et je suis fatigué de batailler, encore et toujours. J'ai envie - besoin - de souffler. De pouvoir me reposer un peu. Marre d'avoir la peur au ventre en permanence, d'être dans l'angoisse perpétuelle de comment je vais me sortir de la merde dans laquelle je suis. J'en ai traversé des épreuves (et je ne suis pas le seul, bienvenu dans l'espèce humaine, et d'autres vivent des trucs bien plus trash mais bon...) mais là, d'un seul coup, j'en ai marre. C'est l'overdose. Fatigué de tout ce temps et de toute cette énergie gâchés. Envie d'éteindre la lumière et de glisser lentement dans l'ailleurs. Surtout ne plus revenir en arrière. Je veux oublier. Tirer un trait définitif et irrémédiable sur le passé. Ouvrir un autre chapitre. Un vrai. Pas simplement changer de lieu géographique. Passer à une autre étape. Avoir enfin le sentiment de faire quelque chose de ma putain de vie, bordel ! Trouver enfin une sérénité intérieure, un calme diaphane, une paix sublimée. Au-delà des déceptions avec des mecs salauds à des degrés divers.
Atteindre l'Éveil.
Évoluer.
Et là, re-dégringolade : les paroles de Jean-Louis Murat me reviennent en mémoire. "Cours dire aux hommes faibles comme moi qu'il n'y a rien à changer..."
Will it fucking ever end?

14/07/2007

14/07/07 - 14:02

Pensée du jour

"Et on peut difficilement remplacer une bite par un bol de muesli croustillant aux trois chocolats. (soupir)"

Merci à T. pour son humour toujours aussi décapant et de toujours être là quand je touche le fond...

13/07/2007

13/07/07 - 18:54

Teddington - Camden Town

Heureux hasard du timing mais je suis justement parti pour Teddington, dîner chez Auntie F. avant-hier soir. Je savais que je pourrais m'épancher un peu auprès d'elle et surtout, qu'elle me ferait beaucoup rire. C'est ce qui est arrivé. Nous avons cuisiné tous les deux et parlé, parlé, parlé. Jusqu'à 3h00 du matin et du coup, j'ai dormi chez elle. Auntie F. est vraiment quelqu'un d'extraordinaire. Et le petit-déjeuner d'hier matin nous a quand même occupé de 9h00 à 13h00 : c'est qu'on en a des choses à se dire et à partager !
Bref, tout ça m'a aidé à ne pas trop penser à A. ces deux derniers jours, même si je continue de discuter avec lui (et si c'est difficile de soudainement faire disparaître un pan entier de ce qui cimentait nos rapports). Mais je me sens mieux. Le plus dur est passé... enfin, j'espère !



Quant à hier soir, j'ai reçu un petit cadeau : ce dessin est censé me représenter avec l'amie que j'ai accompagnée samedi dernier à Camden Town qu'elle voulait découvrir, en bonne gothique. J'ai donc fait le guide de ce supermarché du goth à ciel ouvert pour elle et elle a tellement aimé qu'elle a retranscrit sa journée sur papier. J'ai été très touché de cette délicate attention et de la façon dont elle m'a dessiné.

11/07/2007

11/07/07 - 14:30

Hjartað Sem Blæðir

Je suis partagé entre la colère et la déception d'une part et la sublimation et le zen de l'autre. Discussion un peu laborieuse et triste ce matin avec A. qui m'a carrément demandé si je voulais qu'on coupe les ponts. Ça fait bizarre même si ce serait effectivement plus facile. Pour le coup, je me rends compte de ma propre lâcheté avec le fucking ex à qui j'aurais dû avoir les couilles de dire en termes directs que non seulement c'était un lâche et un salaud et que oui, je voulais couper les ponts avec lui. Dans le cas d'A., c'est un peu différent, même si je ressens la même tristesse et la même amertume. Alors que faire dans ces situations-là ? Être philosophe et s'en faire des amis ou bien laisser sa rage exploser et leur balancer ses tripes à la gueule ? La première solution est bien plus difficile. L'autre soulage. Je ressens réellement l'envie des deux avec A.. Ce matin, j'ai écouté 'Thank You' d'Alanis Morissette puis 'Thank You For Hearing Me' de Sinéad O'Connor, histoire de me faire pencher du côté du zen. Non que je sois un inconditionnel des deux (tout en étant plutôt ouvert à l'une comme à l'autre), mais j'avais besoin de l'apaisement que me procuraient leurs paroles. La conscience cosmique me pousse à me placer dans cette perspective. Pouvoir être reconnaissant pour ce que j'ai et que d'autres n'ont pas. Tout en continuant à n'éprouver que de la souffrance. La vie est souffrance. Le désir est cause de souffrance. Seuls importent le détachement, la concentration, l'acceptation de l'inéluctable. Comment vivre sans un sens à sa vie ? Je n'ai pas la force mentale de m'engager dans une voie qui ne m'apporterait pas cela. Peut-on arriver à reculer intellectuellement ? Peut-on se déshabituer à tout simplement penser ? "Bienheureux les simples d'esprit...", finalement, ne sont-ils pas les plus sereins ? Je ressens parfois (souvent) l'envie de ne pas avoir de conscience. De pouvoir ainsi échapper à la souffrance mentale. Le fucking ex me disait bêtement qu'il voulait se souvenir des moments chouettes passés ensemble... Pauvre connard ! Je rétorquais qu'ils avaient été si rares et qu'il me les avait fait payer tellement cher, que moi, je ne pouvais pas - et c'était vrai. Ne pas penser. Surtout ne pas réfléchir. Switch off. Mais c'est impossible. A. me disait ce matin-même d'arrêter de me masturber l'esprit. Mais comment faire ? J'ai pourtant l'habitude de la situation. Alors pourquoi est-ce que cela fait toujours aussi mal ? Pourquoi est-ce que je ne m'y habitue pas ? Pourquoi est-ce que je ressens les choses aussi intensément ? T. me parlait d'hypersensitivité... Mais qu'on sorte une pillule pour combattre ça ! En 1997, une Danoise me disait qu'elle était avec son mec sans savoir pourquoi, qu'elle l'utilisait, qu'elle n'avait jamais aimé et qu'elle m'enviait d'être aussi sensible et de savoir empiriquement ce qu'aimer veut dire. Dix ans après, ses paroles me hantent encore et je les trouve étranges. Aujourd'hui, j'aurais préféré ne pas m'être aventuré dans le domaine sexuel avec lui, finalement. C'est vraiment difficile de rester ami comme ça... bien que je n'aie pas envie de couper ce pont-là. Mais à force de se demander si on prend la bonne décision (il m'a dit se demander s'il ne faisait pas la plus grosse connerie de sa vie avant-hier soir), on stagne, on n'avance pas. Et ça, ça semble être ma spécialité. Je pense trop. On me le disait déjà au lycée.
Need for a trigger for action, breaking the curse, stepping forward and getting out of the downward spiral.
But how?

10/07/2007

10/07/07 - 17:24

... Katharsis ?



Encore une fois pris au piège. A. a pourtant été honnête, je ne peux donc pas le lui reprocher et, de plus, il semble autant emmerdé que moi. Juste plus fort dans sa manière de réagir. Bien que le prétexte me laisse perplexe. Je crois qu'encore une fois, c'est à moi que j'en veux. Comme à chaque fois. D'avoir un cœur de midinette. J'aimerais avoir un bloc de glace dans la cage thoracique. Au moins, ça arrêterait de me faire mal à chaque fois. Je l'appelle de tous mes vœux : j'espère ne plus jamais tomber amoureux. Plus jamais ! Mais je suis tellement con que je vais me refaire couillonner par le prochain qui passera. Et si les choses remuent en surface pour le boulot, toujours que dalle. Ce qui ne contribue pas à me changer les idées. On va juste dire que les pistes sont plus nombreuses ici. Et que certaines sont plus intéressantes. Mais je ne fais que brasser du vent. Fuyant des illusions, comment avoir quitté le goulag pour arriver ici et que rien ne change ? Au final, où que j'aille, j'ai l'impression que ma malédiction me poursuit. En fait, elle est en moi. Que ce soit les mecs ou le boulot, c'est toujours pareil, je n'arrive pas à briser cette spirale inexorable qui m'entraîne dans le gouffre. Ce qu'il faut, c'est m'ouvrir les entrailles et l'en extirper, sanguinolente, la brûler et en disperser les cendres aux quatre vents. Mais pour ça, il faut en avoir la carrure. Et jusqu'à maintenant, je ne l'ai pas. Ni ne sais comment m'y prendre pour l'acquérir. C'est désespérant.
La katharsis se fait bien attendre...

09/07/2007

09/07/07 - 21:41

Hubris, Némésis... ?



Et voilà, il fallait que ça se passe comme ça.
Il aura fallu attendre que je baisse ma garde pour qu'A. se pose finalement la question de notre avenir commun. Et c'est évidemment à ce moment-là qu'il choisit de faire volte-face. Ça blesse, évidemment, mais je surmonterai l'épreuve. I will survive, comme dirait l'autre. J'ai connu pire, mais c'est chiant de tomber sur un mec, d'être méfiant et que ça vous tombe sur le coin de la gueule dès qu'on cesse de se méfier.
C'est donc un retour à la case départ. Faut vraiment apprendre à repenser en termes singuliers. Même après seulement quelques semaines. C'est lassant. Fatigant. Usant. Enfin, il vallait mieux que ça arrive maintenant que dans, cinq ans. Par exemple. Comme ce connard, lâche et salaud de fucking ex s'y est amusé. Dommage. Tout ça pour une raison absurde. Mais c'est comme ça. Au moins, je suis de nouveau au loisir de jouer la traînée (mais en ai-je seulement envie ?). Et d'être totalement libre et mobile de mes envies et de mes mouvements. Stagnation quand tu nous tiens...
Does one ever learn?

05/07/2007

05/07/07 - 10:43

Vanitas vanitatis

Je passe sur les mauvaises nouvelles du jour de la France sinistrée, cf http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actu&articleID=15864
Je maintiens encore et toujours que les pédés ayant voté à droite sont tout simplement cons ou inconscients. La vieille crevure (pour ne pas sombrer dans la facilité et parler de putain, parce qu'une pute, au moins, c'est utile à la société et ça force le respect) est encore là et elle n'a bien évidemment pas changé d'un iota ses positions fascisantes !



Je ne suis pas un fana des marques (même si, OK, j'ai quand même un goût prononcé pour une en particulier). Lors de mon arrivée à London il y a trois semaines maintenant, J. a été prise d'une shopping craze et m'a emmené passer la journée à Bluewater. Je ne sais pas pour combien elle en a eu en tout mais c'était littéralement obscène (surtout après l'expédition chez agnès b. à Paris quelques jours avant).
Aujourd'hui, entretien d'embauche : j'étrenne le costume YSL qu'elle m'a offert (comme V. m'a dit, je suis vraiment une pétasse). Je suis loin d'avoir l'habitude de me promener en costard-cravate, mais j'avoue que quand c'est vraiment bien coupé, comme celui-ci, c'en est presque agréable. Même si j'ai l'impression d'être déguisé ou d'aller à un mariage, je me sens presque sexy là-dedans. Je me rends compte que les fringues de marque sont vraiment nettement mieux coupées que chez H&M (dont je suis adepte, je le clame haut et fort) et qu'on se sent vraiment vachement mieux quand c'est bien taillé. C'est stupéfiant. Encore une fois, donc, je me sens plein de reconnaissance et de gratitude pour ce que j'ai la chance d'avoir.
Dommage qu'A. ne soit pas là pour en profiter. Mais nous passons notre temps à nous regarder dans le blanc des yeux en webcam tous les soirs, nous nous tournons autour, comme les deux papillons que je viens de voir se livrer à un ballet frénétique devant ma fenêtre. Il est moins hésitant que moi : il vient même il y a quelques minutes sur msn de dire "nous" pour la première fois. Je me sens fléchir. Il me séduit. Ça arrive lentement, ça me gagne inexorablement, on dirait. Je me sens peu à peu fléchir, tout en me raccrochant quelque peu à ma liberté.
Par peur, évidemment.
Chat échaudé craint l'eau froide.

03/07/2007

03/07/07 - 22:21

Terrorisme



Je fais une entorse à mon habitude d'un seul post à la fois pour faire de la pub à 'Préf', journal hautement plus intéressant que le 'Figaro-Tata' dont j'ai déjà dit tout le mal que je pensais.
Mais surtout, je me souviens avoir éprouvé une nervosité certaine dimanche et ce midi. Dimanche après-midi, il a fallu gagner Londres (gare de London Bridge), prendre le métro et gagner celle de London Euston pour prendre le train pour Birmingham. Je n'ai pas observé de nervosité visuelle chez les Britanniques, et si j'ai moi aussi tâché de ne rien laisser transparaître, j'avoue avoir eu le cœur qui battait à tout rompre lors de l'arrivée en gare et dans le métro. La première fois que j'ai vécu en Angleterre, l'IRA faisait encore des alertes à la bombe. Mais je n'ai jamais eu peur parce que le but de l'IRA était revendicatif, pas de tout simplement causer un carnage. Aujourd'hui, le terrorisme islamiste, c'est de la barbarie sanguinaire. S'il ne faut pas assimiler musulman avec fanatisme, il serait quand même grand temps que les musulmans laïcs (et oui, des gens très bien, mais seul 'Charlie Hebdo' en parle en France) et autres modérés qui adhèrent aux valeurs occidentales donnent de la voie et cherchent à canaliser eux aussi les jeunes qui se font happer par les dérives sectaires (et j'affirme cela d'autant plus que je connais personnellement des convertis qui filent un mauvais coton, et parce que même d'autres convertis commencent à les regarder avec une certaine inquiétude).
Tout ça pour dire qu'on ne peut plus prendre le train ou se promener dans un centre-ville ici en Angleterre sans y penser.
Ça fait bizarre. Et ça remet les idées en place. Ça fait cogiter et ça fait penser à ceux qui vivent en permanence sous les bombes. Ça fait réaliser à quel point sa propre vie, malgré bien des choses négatives, est privilégiée. Ça donne envie de remercier "ce-qu'il-y-a-en-haut" pour ce qu'on a déjà, parce que c'est déjà beaucoup.

03/07/07 - 19:33

Hooked?

De retour après quatre jours d'absence. J. m'a emmené à Hastings pour passer le week-end. Escale à Ashford pour récupérer A. et elle nous a, comme à son habitude, invités au restaurant. L'appartement à Hastings était vraiment super : spacieux, épuré, dans un vieux couvent. J'ai beaucoup aimé. Dommage qu'il ait plu tout samedi et qu'A. et moi n'ayons pas pu aller nous promener en bord de mer (enfin, si c'était pour se faire insulter comme dans George Street vendredi soir après le restau, bof...). Mais beaucoup de choses ont été dites et il semblerait qu'entre A. et moi, les choses se précisent. Je me suis beaucoup ouvert à lui. Je ne sais pas ce que je lui ai fait mais il semble vraiment accro. Les mots fatidiques n'ont pas encore été prononcés mais j'ai bien l'impression qu'ils lui brûlent les lèvres. Il me plaît beaucoup aussi mais je suis encore hésitant. J'ai évidemment fait mention de L. et je me suis interrogé, tout en ayant bien conscience que je pense qu'entre L. et moi, il ne s'agit que de plaisir fugace et qu'il n'y a que du bon temps à prendre ensemble, des choses à partager mais pas plus. Nos intérêts communs feront probablement que nous resterons en contact (j'aimerais) mais je ne crois pas être ce qu'il cherche fondamentalement. Ce qui ne veut pas dire évidemment que je dois m'engager envers A. par défaut. Surtout pas. Le sexe est moins bestial avec A. et je me demande si nous, pédés, n'avons pas tendance à être aveuglés par la bestialité de nos expériences sexuelles et si ce n'est pas ce qui nous induit souvent en erreur (je me rends compte que c'est peut-être humain et pas seulement pédé, d'ailleurs) ? Si en parvenant à garder la tête froide et une lucidité, le bonheur conjugal n'est pas à portée de main ?
A. n'est que douceur, prévenance et tendresse envers moi. Dimanche soir, nous sommes arrivés à Birmingham où il devait passer deux jours pour son boulot. Joie de voir 'Rome' sur BBC2 en arrivant à l'hôtel et hier matin, pendant qu'il bossait avec ses collègues (sensation de passer pour la call-girl qu'on cache dans sa chambre), j'ai été me promener dans Birmingham. A. avait absolument insisté pour que je mange le midi et m'avait laissé de l'argent mais j'ai préféré aller chez un disquaire et je lui ai acheté 'Ágætis Byrjun'. Je l'ai planqué dans sa valise en rentrant mais il l'a trouvé le soir. Il en a été manifestement très touché.
Cette histoire avec A. est vraiment atypique : il présente bien (très hétéro), c'est exactement le genre de garçon qu'on rêve de présenter à ses parents. Est-ce qu'il faut être à nouveau naïf et y croire ? Je me sens en position de force pour lui avoir affirmé que je ne partirai pas le rejoindre en Belgique. À moins bien sûr d'y avoir un boulot (un vrai) et mon appart à moi. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est motivé et qu'il se bouge pour m'aider à trouver du boulot (là-bas de préférence mais pas seulement). Il m'a surpris ce week-end et agréablement. Je m'étais construit une image qui n'est pas forcément fidèle à sa réalité : je me rends compte que nous sommes peut-être plus compatibles que je ne le pensais après notre brève roucoulade à Paris il y a trois semaines.
Mais je demeure extrêmement prudent.
Et je suis dégoûté que la photo que j'ai faite de lui samedi matin soit râtée. Je voulais l'afficher ici.

 

"An error does not become truth by reason of multiplied propagation." - Mahatma Gandhi

"Et au plus élevé trône du monde, sis ne sommes assis que sus notre cul." - Michel de Montaigne

"Freres humains, qui après nous vivez N'ayez les cueurs contre nous endurcis, Car, se pitié de nous povres avez, Dieu en aura plus tost de vous mercis." - François Villon

"I have a dream..." - Martin Luther King

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