Nostalgie...
Comme c'est désormais une habitude déjà condamnée, je continue de faire ma demi-heure de marche solitaire pour me rendre à la mine chaque matin. Seul moment agréable de la journée où je ne suis pas enfermé dans ma cellule. Grâce aux merveilles de la technologie (et notamment au son incroyable de l'iPod), je chemine sur cette route, longeant champs et forêt. Ce matin, j'ai essayé de prendre des mésanges bleues et un écureuil roux en photo mais ça n'a rien rendu. Étrangement, ce n'est pas grave. Comme Gordon, dans 'Stand By Me', je garde ce souvenir en moi et je ne le partagerai pas en affichant une photo de l'écureuil.
Même si je m'extasie sur la beauté de ce tronçon de route (seule chose qui m'émeuve ici), je rêve néanmoins de retourner à la vie. Mon ancien quartier me manque. Malgré toutes les horreurs que j'y ai vécues et le refus de me souvenir de mon temps passé là-bas avec le fucking ex, j'aimais réellement mon quartier. J'y croisais des visages auxquels j'inventais des histoires, j'y voyais aussi de superbes spectacles naturels, comme ce splendide lever de soleil pris de la fenêtre de mon bureau un matin l'année dernière, très tôt alors que je prenais mon thé (et oui, je suis un lève-tot) en admirant le ciel. Tout cela me manque beaucoup. Mais le départ définitif du goulag est censé avoir lieu le mois prochain.
Patience, donc...