Hjartað hamast eins og alltaf en nú úr takt við tímann...

01/08/2007

01/08/07 - 12:04

Jeu de l'été

C'est l'été, la détente, le farniente et la bonne humeur semblent régner dans nos vies entre deux séances de bronzette sur les plages. Sauf que... votre mère lit régulièrement votre blog sur GA.
Écrivez-lui une lettre, vraie ou pas. Et gagnez une nuit avec moi-ah-ah !
Lâchez-vous et osez...
Lira bien qui rira le dernier.
Laissez votre lettre en commentaire ci-dessous.

commentaires

01/08/07 - 12:28

Déjà adolescent je faisais preuve de génie pour cacher mon journal intime loin de ton inquisition soi disant bienveillante, ce gros cahier rouge rempli de mes larmes de jeune fille et de mes erections transgressives. J'osais à peine faire allusion de façon particulièrement tarabiscotée à ces désirs déjà si constamment présents, envahissants, terribles, énormes, titanesques (on y reviendra) effrayants aussi alors. Je me souviens d'avoir déchiré une page qui me semblait trop claire et de l'avoir cachée dans un coin de la pièce sous la moquette dont la colle ne m'avait pas vraiment résisté... (il faudra que je vérifie si mon secret-qui n'en-est-plus-un y est encore)

Bref, je decouvre avec stupeur que tu as trouvé le moyen à present de venir enquêter sur ma vie intime, enfin cyber-intime.

TU ME LIS

Puis je voir là un affront? un nouvel assaut du monstre qui tente de conquerir mon espace? enfin mon cyber-espace?

Déjà, le téléphone portable a été une tellle lutte, que j'ai perdue d'ailleurs, puisque je n'en ai plus depuis 4 ans maintenant, et oui, à cause de toi... Dès que tu as eu le tien, entre les sms et la possibilité de me joindre quand tu le voulais.... j'ai fini par m'en servir de repondeur baladeur... puis plus

C'est tout un poème ce lien qui nous unit, et que tu penses devoir faire perdurer "concrètement".
Bien sûr, un immense cri, du genre "mais laisse moi vivre, 'tain !!!" me brûle la gueule, mais ça servirait à quoi?
de hurler... on a déjà essayé,
on a tout essayé,

et Sysiphe,
c'était qui sa mère?

son rocher?

Le seul truc qui marche entre nous, c'est quand je mange les pantagruéliques repas que tu me prepares lorsque je descends pour les vacances... et ta tendresse, ton indéfectible et titanesque (on y est) tendresse...

Alors Maman, lis moi si tu veux, vraiment, mais à mon avis,
à moins que...

pour que la lutte soit égale, donne moi accès au tien de blog... il y a un site aussi???
Mamandpédé.com? tu y parles de Papa? ou des suivants? tu vois à quoi ça mène...

tu me veux heureux, j'ai bien compris le message
les messages

Juste ça maman, lis moi si tu veux, mais c'est à ton cordon ombilical que tu fais mal...
On est grand maintenant, tous les deux je crois

Montre moi que j'ai grandi sinon comment je vais le comprendre? J'crois bien je peux être ton petit garçon si spécial et etre un adulte.. je crois
hein oui?

je suis grand
je suis grand
je suis grand

Moman, tu me fais un chocolat chaud avec des tartines de beurre?
Moman, je t'aime

MAIS LAISSE MOI VIVRE, 'TAIN !!!!

01/08/07 - 21:20

De l'importance d'une mere

01/08/07 - 22:46

Maman. Ce mot qui peut se décliner dans les bouches de tous les fils, ne fait dans la mienne référence qu’à toi.
Depuis que je vous ai mis sur le net, Papa et toi, j’éprouve une certaine gene à vous donner des liens qui pourraient pointer ici. J’évite meme de donner des noms de lieu qu’un moteur de recherche pourrait vous renvoyer. Je sais que c’est bete mais une partie de ma vie n’a pas à vous etre communiquée. Papa ne trouvera pas. C’est certain, le seul blog gay sur lequel il pourrait tomber par moteur de recherche interposé est celui d’Ormegris, de part les noms des plantes et des techniques jardinières qui y sont mentionnées. Le connaissant, il refermerait bien vite en constant le fond du site alors que je suis persuadé qu’ils auraient beaucoup à partager. Toi en revanche tu n’y tomberas jamais. Tu ne t’es pas mis à cette technologie qui te dépasse un peu, tout en continuant de t’extasier sur les richesses culturelle qu’elle permet quand meme d’approcher. Et quand bien meme tu t’y risquerais, pudiquement tu refermerais la page et garderais enfermé comme un secret en toi, ce secret en moi. Ne pas dire. Ne pas montrer. Ne pas faire voir que l’on sait. Pudeur et décadence. Pudeur candide de ta qualité de mère qui prend sur elle et intériorise les hontes et les chocs que peuvent lui causer ses enfants. Fier de la différence entre ses rejetons et le monde normal mais blessée par la liberté de ces meme enfants face à ses propres désirs. Mère couveuse. Mère couvante. Mais mère aimante.
Jamais je n’ai voulu te décevoir, jamais je n’ai voulu te faire de mal. J’avais trop honte de voir les larmes de ton cœur brisé etre ravalées par ta fierté froide. Je t’ai vu pleurer, oui ; mais cachée. Je t’ai vu déprimée, plus basse que terre et continuer d’avancer car on ne montre pas. J’ai eu mal, mal pour toi, mal de toi. Un amour en non-dit. J’ai vécu dans tes jupes, on m’appelait « tapette », tu l’as su je le pense. Tu n’en as jamais fait cas, jamais voulu aborder ce sujet. A 9 ou 10 ans, qu’est ce que j’aurais bien pu en dire d’ailleurs. L’inconscience de l’enfance m’aurait empeché de comprendre ce qui pour moi était naturel. A 16 ans tu me proposes en me tournant le dos de faire venir des amis IE ou I à la maison, si je m’ennuie. Je botte en touche, te traitant de folle au fond de moi. J’étais la folle et je ne le voyais que trop. Ah ces années. Terribles années. Une volonté énorme de pouvoir Vivre au grand jour et une carapace de bronze faite de pointes et de blocs qui m’enserre, qui exsude de ma propre peau et cache mon etre différent à toi, à eux, à moi. Comprimé, serré, emmailloté dans mon propre corps, je perds pied. Mes actes ne sont que des cris de souffrances, mes cris des rales et mes rales une lente agonie. Je meurs. Je meurs de ne pouvoir etre moi, de ne pouvoir etre moi au milieu de vous, à tes yeux. Maman… je suis homo. Combien de fois ai-je répété cette phrase au fond de moi, combien de scénarii ai-je inventés pour la dire encore et encore. Pour à la fois me la faire comprendre et accepter et pouvoir te le dire et partager. Partager une vie de sentiments. Non, rien n’est sorti. Ni mes sentiments, ni ma phrase. J’ai vécu handicapé du ressenti des choses. Ne pas ressentir, ne pas exprimer : C’est nier. J’ai nié mon propre etre à la seule condition que je ne te fasse pas souffrir. Ca je ne pouvais pas le faire, c’était au-dessus de mes moyens. A cette époque j’ai failli craquer pourtant, failli me vendre. Le Sida m’en a empeché. C’est loin maintenant mais moi je me souviens de cette période, de ces années sombres où l’armaguédon c’est abattu sur la gente homosexuelle. Je m’éveillais à la sexualité et je découvrais un cimetière creusé de tombes fraiches pretes à m’accueillir. Infirmière tu étais. Aux premières lignes des vagues décimées tu étais. Tu as tout donné je le sais, ta santé, ton énergie, ton amour. Tout laché pour aller au secours de ces gens et tu me racontais les souffrances, les peines, les hontes, les douleurs, les familles, les parents, les amis, les médecins, les cons, les perdus, les géniaux, les génies, les tout-le-monde, les obscurs, leurs déchéances, leurs décrépitudes, leurs disparitions petit à petit. Je me rappelle de tes rentrées du travail avec deux, cinq ou huit heures de retard et ta mine déconfite, tes traits tirés et tes nouvelles : Pierre est mort. Le petit mignon est mort, le cadre avec son garde à la porte de la chambre est mort, je te rends ta cassette de Barbara il ne l’écoutera plus, l’ami de Yann est mort aussi, Chrsitine s’est piqué avec une seringue ce matin, Franck ne veut plus de traitement, je lui ai dit adieu en partant et, encore et encore et encore ! Jours après jour, nuits après nuits, heures par heures j’assistais à mon propre décès en me plongeant dans ta souffrance et dans tes yeux si plein d’amour. Non, non je ne pouvais pas, je n’avais pas le droit à cette époque de te dire : Maman…. Je suis homo. Si je le faisais je te criais au visage : Maman… dans trois mois je suis mort, désseché, vomissant mes excréments, rongé par l’herpès et la pneumonie, Maman tu vas me tenir la main et tu vas pleurer. De quel droit pouvais-je faire ça ? Aucun à mes yeux. J’ai caché. J’ai refoulé. J’ai implosé.
Mes meilleurs amis, ceux qui compensaient mon manque d’affection, tu les as pris pour mes petits amis. Avoue le aujourd’hui : Et Mathieu que devient-il ? Ca fait longtemps que tu ne nous en parles plus. Sueurs froides… On est faché. Vrai on est faché à mort. Je t’expliquerai eut etre un jour. C’est long.
La lente reconstruction a pris 10 ans, je t’ai quitté pour vivre loin, seul. Là où personne ne pouvait me juger et te raconter. J’ai vécu petit à petit. Je suis devenu moi. La carapace est tombée et le homard rose a durci juste ce qu’il fallait. Passé tout ce temps enfermé en soi meme, ca ne laisse pas beaucoup d’occasion de s’ouvrir à ses parents. Le temps passé à jouer les assexués empeche de pouvoir un jour se sexuer normalement. Aujourd’hui c’est fait. Je te l’ai dit. Un événement anodin l’a réalisé, loin de tous les scénarios imaginés, mais c’est fait. J’en suis fier, tu le sais de ma propre bouche maintenant, ce fardeau n’est plus. Je suis heureux de pouvoir en plaisanter avec toi désormais. De façon timide mais l’essentiel est de le faire. Je t’aime. Je vous aime. Je n’avais jamais su comment vous le dire. Je le fais ici. Ma dernière grande joie a été de te voir en webcam vendredi dernier et de lire le bonheur dans ton regard brillant d’excitation à me voir bouger, te parler, et blaguer. Vivre quoi. Tu viens pour les vacances, il y a ta sœur et les gamins ? Ah ? Ca fait du monde dans la maison, j’emmène ma tente ? et toi de répondre presque genée : plus on est de fou et plus on rit. Merci maman, c’est comme ça que je t’aime le plus. Ton fils.

02/08/07 - 09:52

et à son papa on n'a rien le droit de lui dire ? :(

10/08/07 - 18:06

Maman, j'ai rien contre les slips hein.

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