Vagabond
Et voilà, encore un. Un soi-disant nouveau départ. Depuis le temps que j'en fait, ils deviennent insignifiants. Arrivé à Bruxelles hier soir, je suis déjà d'attaque pour partir à un forum de l'emploi dans une heure. Hier dans l'eurostar, je réalisais que j'ai changé cinq fois de lieu de résidence et trois fois de pays en un an. Avec, toujours aucune perspective d'emploi (ce qui occupait mon temps au goulag n'ayant pas valeur de boulot à mes yeux). Bien évidemment, la piste bruxelloise que j'avais a été au-dessous de tout puisqu'après qu'on m'eût promis un entretien téléphonique pour hier matin, on ne m'a donné aucune nouvelle. Ne croyant désormais plus à cette piste qui a principalement motivé ma venue à Bruxelles, il faut me faire une raison et tenter de passer à autre chose. Alors, oui, je gueule encore et toujours contre les salopards qui sont en position de pouvoir et qui maintiennent les impuissants en état de dépendance tout en les traitant comme des sous-merdes. J'ai de plus en plus envie d'un remake d'octobre 1917 ! Je me rendais compte de ma qualité de vagabond. J'erre de ville en ville pour essayer de devenir indépendant. De m'arracher à ma condition d'exclus social. Mais impossible. La propagande étatique vomit jusqu'à plus soif sur le cliché du chômeur fainéant et profiteur alors que si on donnait sa chance à la majorité des chômeurs, ils apprécieraient probablement de pouvoir se sortir de leur condition. Tout ça, en manipulant l'opinion publique "bien pensante", évidemment, qui s'empresse de jeter l'anathème sur ce parasite de chômeur, c'est bien connu. Quant aux donneurs de leçons (et il y en a quelques uns), qu'ils se taisent ou qu'ils me trouvent un boulot, eux, à qui c'est si facile à les entendre. Ensuite seulement, ils auront droit à la parole.
Un jour... Un jour mais qui n'est manifestement pas près d'arriver, j'imagine que je finirai bien par enfin pouvoir gagner ma vie (même si je doute de plus en plus de la faisabilité de la chose) mais ce qui est sûr, c'est que jamais je n'oublierai la manière dont j'ai été traîté. Je n'oublierai pas que j'étais une quantité négligeable. Que je n'avais pas d'existence. Coupable du péché d'orgueil ? Peut-être. Mais au moins, ça me prouve que je suis encore vivant.
29/09/07 - 08:29
Gardez courage, en dépit de l'horreur de devoir frapper à toutes ces portes qui restent fermées. Une finira par s'ouvrir.
@mitiés.
Evariste
lebobogentilhomme