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Encore une journée vient de passer et le téléphone est resté muet.
Cette sombre conne n'a toujours pas daigné décrocher le sien pour enfin donner une réponse. Et si, comme hier, elle est toujours chez elle avec le dos coincé au lieu d'être au boulot, elle n'a pas non plus jugé utile de prévenir ses collègues de se charger de contacter les postulants. La vie et le temps sont en suspens. Encore envoyé deux ou trois cv aujourd'hui, entre les courses et le plan de midi, mais aucun intérêt. Simple réflexe. Aucune motivation pour les places en question. Tout est figé. Cristallisé. Pétrifié par l'angoisse, l'attente, la peur d'un putain de nouvel échec à ajouter à une liste déjà bien trop longue. Victimisation ? Que les donneurs de leçons arrêtent de me faire chier avec ce genre de concept à deux balles ! C'était peut-être confortable il y a des années, mais aujourd'hui, ce n'est tout simplement plus tenable. Depuis déjà longtemps. J'ai l'impression d'être au fond de l'eau, et retenu au fond. Comme le garçon dans 'Sæglópur'. Et de tenter en vain de remonter à la surface sans y arriver. Sauf que l'homme-grenouille n'arrive pas. Ou encore la sensation d'être prisonnier d'un lieu dont les parois ne cèdent pas. Comme si je tentais de briser de l'intérieur la coquille d'un œuf qui résiste à tous les coups que je lui donne.
J'ai besoin de respirer.
Je suffoque.
J'asphyxie.
J'étouffe.
Encore une fois.
Toujours.
Encore.
16/10/07 - 17:28
Sois courageux. Je sais que c'est bête et apparemment facile à dire de l'extérieur, mais sois patient, n'enterre pas ta force et tes élans, ne les laisse pas être enterrés par un système et par des gens. Tu n'es retenu par rien; tu n'es pas au fond de l'eau. Tu fais ta vie et tu la fais bien. Le reste va sourire. Forcément.
kolokani