We are standing on the edge...
Ce sera fin avril.
Mon frère de 22 ans va se marier fin avril. Le bébé rieur dont j'ai changé les couches, le poupon dont je me suis occupé, avec qui j'ai joué, à qui j'ai appris son premier gros mot, à qui je n'ai, j'espère et manifestement, pas servi de modèle. Lui qui conduit, qui a trouvé la foi, qui est d'un pragmatisme diamétralement opposé à mon application au réel. Se marier. Ce matin, déjà, pour suivre mes cogitations d'hier, j'observais les gens dans le thalys. Que des couples. La plupart avec des gosses. Le couple assis face à moi, dont le bébé portait mon prénom, semblait être ensemble par amour. Ils s'embrassaient de temps en temps. Celui d'à côté, en revanche... je me suis demandé comment il faisait pour la supporter. Mon statut d'observateur est singulier. Je suis immergé tout en étant séparé de cette réalité. Cut off from it. Comme invisible. Je voyageais seul. Comme je serai seul au mariage de mon frère. Toujours l'OVNI. Toujours à part. Toujours marginal. Toujours seul. Le passé n'a pas de substance et devient donc aussi irréel que le fantasme ou le cauchemar. Heureusement que je ne suis pas célèbre : mes arrivées seraient toujours remarquées parce que solitaires. Notre mère m'a annoncé la chose. Il ne m'en a pas encore parlé. Mais ç'a été un choc. Je me suis senti encore plus seul que dans le train à l'annonce de cette nouvelle. Est-ce que je viendrai ? Bien sûr mais... je me sens encore mis en échec. Ça se fait de se faire accompagner en ce genre de circonstances ? Surtout quand elle est turque et qu'il y aura la famille musulmane dont il faudra ne pas froisser les susceptibilités. J'ai l'impression d'un saut en arrière dans le temps. On m'accepte pédé tant que je ne le montre pas. Pour son mariage, je n'aurais pas le droit d'être moi. Seulement d'être un rôle : le frère. Enfin, la question ne se poser pas puisque je serai bien sûr toujours célibataire à ce moment-là. Je me sens réduit. Nié. Comme d'habitude. Même si je suis content pour lui. Je vais devoir n'être qu'une surface. Le lien entre nous deux ne pourra jamais être gommé. Pas comme le lien qui a pu m'unir à mes erreurs passées. Frères de lait, frères de sang... mais frères de sperme, ça n'existe pas. Pourtant, ceux avec qui on l'échange, il y en a quelques uns mais finalement, mieux vaut les laisser dans leurs oubliettes, de même qu'ils m'y ont jeté. Ne plus se retourner. Je me demande parfois si je n'ai pas tout simplement une incapacité pathologique à vivre. Les choses me pèsent tellement que j'ai l'impression de friser la folie au sens médical. Je ne m'explique pas comment font les autres.
Suis-je donc réellement fou ?
22/12/07 - 23:32
Dis donc petit Elfe, arrete de dramatiser. Sois heureux pour lui ...
Je suis seul aussi, et ca me fait chier, mais j'ai appris à faire avec, (enfin non pas vraiment) mais j'ai au moins appris à me réjouir pour les autres, à partager leur bonheur. C'est con hein ? mais bon sérieux, tu trouveras ton vrai bonheur, si tu arrives à te réjouir de choses simples dans un premier temps ...
reveurreveur