Fuck! Je m'aperçois ce matin en arrivant à mon bureau que Thom Yorke a été reçu hier par le Commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas. Et j'ai loupé ça alors que j'aurais facilement pu aller m'y faufiler. Dégoûté. Mais Thom revient dans quelques mois. Et il ne sera pas seul. Et Jónsi et sa bande aussi seront là. Alors, à surveiller de très, très près.
Depuis quelques temps, je croise une femme le matin en partant au boulot. La cinquantaine, les cheveux blancs. Puis hier, je lui ai parlé. Je l'ai arrêtée dans la rue, lui ai dit bonjour et que j'avais juste envie de lui dire que je la trouvais très élégante. Elle a souri. Elle ne s'y attendait manifestement pas. Puis ce matin, nous nous sommes recroisés. Petit sourire et bonjour furtif. Nous continuerons probablement à nous croiser. Rien de plus. Juste envie d'envoyer des ondes positives.
Déçu d'avoir manqué l'éclipse de lune jeudi soir (j'aime les phénomènes célestes), l'état d'esprit est cependant à l'optimisme, la confiance et la sérénité pour différentes raisons. Étrangement, j'ai rêvé d'A. cette nuit, alors qu'il n'a plus donné signe de vie depuis décembre, rêve empreint d'une nostalgie douce et bienveillante. Mais surtout, X. s'est manifesté, le boulot s'annonce prometteur et des petits riens me font sourire à longueur de journée. Je me sens content du présent, content de ce qui arrive de bien à certains, malicieux avec d'autres, satisfait de mes divers travaux et envie de m'amuser. J'écoute des chansons joyeuses, j'en efface d'autres, de sinistre mémoire, pour les enterrer sous les strates géologiques du passé que je ne déterrerai désormais plus, qui s'efface, se brouille dans le rétroviseur, n'est plus qu'un visage anonyme dans une masse indistincte qui s'éloigne.
Et bien sûr, la visite de T. la semaine prochaine me rend encore plus euphorique.
In the mood...
Auto-promotion habituelle.
Les nouvelles du front professionnel semblent prendre leur temps pour la dernière ligne droite. Tout se jouera à partir du 1er mars. Patience d'ici-là. Grâce à l'optimisme ambiant et à l'absence de panique que je dois au coach, je garde l'esprit calme. Pour l'instant. Malgré l'importance de la chose, je n'ai pas encore peur. Cela arrivera dès que la date de l'entretien sera fixée. J'attends donc, oscillant entre mes différentes casquettes.
Le quotidien est tout de même très agréable puisque j'ai eu la surprise d'être mis à contribution pour l'écriture d'un discours que doit prononcer une commissaire européenne la semaine prochaine. Les journées sont ponctuées de sacrés fous rires avec certains collègues et de réception de courriels inattendus. B. a fini par se manifester après quasiment un mois de silence. Dîner après-demain. Il passera chez moi avant. Un B. vaut-il un X. ? Pas sûr. Quoi que... un B. qui se matérialise vaut peut-être un X. qui fait le mort depuis une semaine. Nous verrons bien. Pour l'instant, il faut attendre. La venue de T. pour quelques jours et qui saura me faire la morale et me mettre d'attaque pour l'entretien (même s'il ne sera pas le seul), puis le moment fatidique de l'entretien.
Confiance, entends-je déjà...
Une semaine de silence pour digérer le fiasco de la soirée pré-fucking Valentine avec X. Mais également pour attendre le déclic professionnel qui ne devrait survenir que dans une dizaine de jours. Les perspectives semblent idéales ; il faut donc être confiant.
Demain paraît un nouvel article. Mon meilleur, selon T., ce qui m'a passablement étonné puisque je le trouvais médiocre. Les événements depuis Noël vont finalement m'inspirer le sujet du prochain, histoire d'en faire faire quelque chose, tenter d'avancer. Résignation concernant X. ? Je ne saurais dire. Alger Þögn, ekkert svar...
Je le redoutais et c'est arrivé.
J'ai passé ma soirée suspendu à ses lèvres, à le dévorer des yeux, à boire ses paroles, à être béat d'admiration. Au point qu'il m'a à un moment dit "Arrête de me regarder comme ça".
Je ne suis que surface.
Je n'ai pas d'existence tridimensionnelle.
Je ne présente aucune aspérité.
Je suis lisse et on ne peut que glisser sur moi.
Je m'émerveille de sa beauté étincelante, de ses discours interminables, de ses prises de position quasi-passionnées et je me méprise de lui avoir payé un paquet de cigarettes parce qu'il avait oublié sa carte et d'être aussi superficiel, de n'avoir pas de profondeur, d'être aussi évident et insignifiant, d'être aussi faible et immature, de ne jamais pouvoir réciproquer ou de ne jamais pouvoir susciter la réciprocité. J'exècre mon incapacité à matérialiser, à susciter l'intérêt, à me rendre inaccessible mais convoité, ma médiocrité systématique, mon auto-positionnement inférieur.
Il a oublié de me donner la lettre et il vient de m'appeler pour me le dire. J'ai dû lui saisir le visage à deux mains pour pouvoir embrasser ses lèvres dans la brume glaciale de ce soir.
Et je me sens encore une fois sombrer dans la tristesse d'avoir encore échoué.
Vendredi m'avait laissé une impression bizarre : convoqué par mon chef d'unité qui m'a une nouvelle fois dit être content de mon travail, puis qui m'a presque fait des prédictions sur mon avenir professionnel (en a-t-on encore un à mon âge ?). Je crois que j'ai la chance d'avoir d'excellents rapports avec mon entourage de travail, que ce soit le principal ou celui de mes activités annexes (je dépasse de loin les 35 heures). Aujourd'hui encore, ma demande d'absence de deux jours fin avril pour le mariage de mon frère a été immédiatement accepté et avec le sourire.
Mais c'est samedi soir, la nuit, puis dimanche matin, quand X. prenait sa douche, que les mots se sont bousculés dans ma tête. Je me demandais comment formuler ce que je voulais sortir suite à l'inattendu de ma nuit avec lui. J'avais trouvé des titres, des phrases, des chansons, des vidéos pour illustrer mon ressenti. Mais plus rien. Tout s'est envolé. J'ai beau ne penser qu'à lui depuis qu'il s'est éloigné dans la rue dimanche midi, tout ce que j'avais en tête s'est évanoui. Plus rien. Réduit à néant. Un peu comme mes espoirs absurdes.
Plusieurs jours ont passé depuis que j'ai été informé de l'événement. Il est mort. Et son homme avec. Double suicide. Encore une fois, on se dit qu'on aurait dû prendre un peu plus de temps. Tâcher d'être un peu plus attentif aux signaux. Mais naturellement, on n'imagine jamais. Même quand on a des antécédents. Mais le résultat est là. Cela fait quelques semaines que qatsitrilogy est mort. Mort volontaire. Mort double. Nous nous connaissions depuis peu et uniquement sur ce site. Nous nous sommes loupés une fois lors d'un de ses passages à Bruxelles. La nouvelle m'a fait un tel choc qu'il m'a fallu plusieurs jours pour la faire passer. C'est triste. Et d'un autre côté, sa dernière image, lui dormant, montre un tel apaisement, une telle quiétude qu'on ne peut s'empêcher de ne pas être trop triste. Regret de ne pas avoir échangé davantage avec lui, de ne pas l'avoir rencontré, de ne pas avoir écouté Sigur Rós ensemble, de ne pas avoir eu ces conversations de vive voix, de ne pas s'être fait découvrir d'autres musiques ou d'autres écrits. Comme un goût de déjà vu.
Évidemment...
J'espère que, comme tous les suicidés, il a trouvé le repos et la paix parce qu'il en faut du courage pour faire ce qu'ils font.
The fox is playing hard to get. C'est un animal rusé qui sait semer son chasseur. Il revient sur ses pas en permanence tout en s'éloignant de son chemin initial. Il a le don de faire tourner son poursuivant en bourrique, lequel n'a pas la patience comme qualité première. Cependant, le coursier pourrait bien finir par se lasser de courir après du vent.
Troisième venue. Et troisième départ. Je pense néanmoins que cette fois-ci, les choses ont été éclaircies pour de bon. Il est reparti ce matin et j'avais de la peine pour lui. Deux soirs à discuter dans le noir une fois couchés. Dialogue nécessaire pourtant. Les cartes ont été posées sur la table et il n'y a plus d'ambiguïté. J'ai été plus distant. Il a été plus lucide. C'est difficile mais il fallait que les choses soient clarifiées. Et ce n'est pas facile pour lui. Surtout après tout ce que nous avons dit hier soir, notamment le fait que je suis amoureux de X. et pourquoi.
Et non, on va arrêter de mettre du TNT sur les ponts.
Deux fois en un week-end.
Après la semaine entière de silence, deux appels. Vendredi soir. Et ce soir. Rendez-vous est pris pour mardi. À confirmer. Prétexte d'appel pour n'avoir pas à avouer qu'il a envie de moi ? Ce n'est qu'un avis extérieur, je n'oserais bien sûr jamais oser espérer une chose pareille. Mais les faits sont là. Les appels ont bien été réels. Je me prends à de nouveau sentir mon cœur accélérer lorsque je vois sa photo s'illuminer sur l'écran de mon portable. Si on considère le phénomène d'un point de vue strictement anthropologique, il est tout de même affligeant de constater que les réactions d'adolescentes ne cessent pas avec l'âge. Chacune de ses manifestations me donne envie d'éviscérer des nounours, de fouetter des murs capitonnés avec les manches de ma camisole ou de me tondre le crâne...
"An error does not become truth by reason of multiplied propagation."
- Mahatma Gandhi
"Et au plus élevé trône du monde, sis ne sommes assis que sus notre cul."
- Michel de Montaigne
"Freres humains, qui après nous vivez
N'ayez les cueurs contre nous endurcis,
Car, se pitié de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost de vous mercis."
- François Villon