Hjartað hamast eins og alltaf en nú úr takt við tímann...

29/04/2008

29/04/08 - 12:51

Affranchissement



Ce week-end m'a fait percevoir de manière toujours plus aiguë le passage du temps. Le compte-rendu fait à cette chère vieille C. au téléphone du mariage de mon frère a éclairé ce point précis. Finalement, les jours se succèdent à un rythme chaotique. De même que nous ne voyons pas les mouvements célestes malgré leur course vertigineuse, le temps passe et on se rend compte du temps perdu, gâché, bloqué. On voit se profiler la fin de course de plus en plus nettement et on se dit qu'au bout du compte à quoi bon ? Évidemment, cela remet les choses en perspective, et les choses du quotidien paraissent bien petites. Les idéaux sont catapultés au statut d'obstacles et les rares plaisirs et joies ne sont, malgré leur intensité et leur authenticité, que des éléments perturbateurs dans le processus de détachement et l'on n'a pas forcément envie de les laisser s'éloigner de soi. Mais la véritable sérénité est encore loin. Comme inatteignable. Hors de portée. La vie ressemble au fond au supplice de Sisyphe. La tâche est absurde et tout est à recommencer perpétuellement. Pourtant, certaines choses sont importantes. Cruciales, même. Hier après-midi, je me suis décidé, encouragé par Reality (merci à lui !), à envoyer un message à mon frère. Pour lui dire que je l'aimais. Pour lui signifier combien l'émotion m'a submergé au cours de ce week-end nuptial. Je m'en suis senti léger. Comme une plume voletant dans un courant d'air. Dire à ses proches qu'on les aime fait un bien fou. On devrait le faire plus souvent. Tellement plus souvent ! Mais la plupart du temps tout un tas de blocage aussi stupides qu'irréels nous en empêchent et il faut arriver à se faire violence pour les faire voler en éclats.

27/04/2008

27/04/08 - 07:58

Acte II

Hier a donc eu lieu la seconde partie du mariage... à la turque. J'ai eu l'impression (et je n'ai pas été le seul) à regarder un film pendant tout l'après-midi. La démesure de l'événement, encore plus manifeste que jeudi pour "notre" cérémonie, le kitsch insolite, les clichés criards... tout y était. J'ai été stupéfait par la bonne composition des parents de se prêter au jeu avec autant de bonne grâce. Même K. semblait un peu dépassé. Il fallait se faire expliquer les choses au fur et à mesure par sa famille à elle parce que la plupart des choses étaient dites en turc et nous en ignorons bien évidemment les coutumes. On ne peut pas dire que la minorité blanche que nous étions ait été bien mélangée puisque quasiment personne ne nous a adressé la parole (sauf à mes parents, en tant que parents du marié, forcément). Nous devions être objets et sujets de regards, de curiosité et de commentaires. Le détail qui m'a cependant touché a été le beau-père de mon frère félicitant les mariés pour ce mariage "mixte", belle preuve d'ouverture, de tolérance, d'acceptation. La journée a tout de même été éprouvante par le monde, la sono incessante et à plein volume, l'agitation, les codes et les règles qui semblaient être élaborés à mesure que passaient les heures, la route aussi. Rien à voir avec ce à quoi nous sommes habitués ni avec ce que nous avions vécu jeudi. Forcément, les rites nous étant inconnus, l'émotion était moins prenante pour nous. Et la grande tablée entre nous le soir lorsque nous sommes rentrés nous a semblé bien calme et reposante, d'autant plus que K. et sa femme, donc, sont partis pour leur lune de miel... au château de Candie !

25/04/2008

25/04/08 - 11:17

Acte I

Fatigue et pic émotionnel hier. Le mariage a eu lieu. Dans le train qui m'emmenait vers le lieu des réjouissances, des madeleines sensorielles m'ont assaillies. Des visions, une luminosité, des senteurs... et par conséquent des rappels de mémoire. Puis après le gros coup de speed de l'arrivée en retard à la maison, de devoir se préparer à toute vitesse au milieu d'un foyer en effervescence, d'avaler quelque chose sur le pouce, nous sommes partis pour la mairie. Étrangement, mon frère s'est marié exactement au même endroit qu'une ancienne amie, perdue de vue depuis, il y a des années. Mais surtout, le voir franchir un aussi grand pas m'a bouleversé. Forcément, je me suis senti renvoyé à mes propres échecs tout en étant satisfait de m'être débarrassé du salaud et lâche qui me lit beaucoup trop souvent pour que ce soit clair de son côté. Mélange de tristesse et de joie pour mon petit K. que j'ai pris dans mes bras sans pouvoir articuler un seul mot. Ils ne me venaient tout simplement pas et ma gorge était incapable de laisser échapper le moindre son. Je me suis retenu jusqu'au soir où il a bien fallu que l'abcès se crève mais je suis globalement content. La journée s'est beaucoup mieux passée que ce à quoi je m'attendais. S'il y a eu ma tristesse personnelle, les accrochages que j'anticipais n'ont pas eu lieu et c'est une très bonne chose. Rencontrer la famille de ma belle-sœur s'est déroulé sans incident et je suis soulagé de la chose. L'événement avait réuni beaucoup de personnes très chères et la tristesse n'en était que plus aiguë du fait de leur présence. Pourtant au passage, je n'ai pas hésité à balancer un coup de griffe à dessein à celui qui en méritait un.
Demain, l'acte II où c'est nous qui partons sur le terrain de la famille de ma belle-sœur et je me sens moins angoissé maintenant que l'événement a eu lieu.

21/04/2008

21/04/08 - 10:06

A ghostly face

Me promenant dans les rues hier après-midi avec B., une femme nous a arrêtés dans la rue pour nous demander son chemin en anglais. Je ne connaissais pas la rue et B. tentait de la renseigner lorsque j'ai remarqué qu'elle me regardait avec insistance. Finalement, elle m'a demandé si j'avais étudié la littérature à Oxford en 1997. Flash-back. C'était bien M., la meilleure amie de D. quand il m'a quitté, et dont je n'avais pas eu de nouvelles depuis dix ans. M. est suédoise et travaille désormais à la Commission. Nous devons nous revoir ce soir, puisqu'elle était pressée, et faire un briefing de ces dix années qui viennent de s'envoler. Sensation étrange de repenser à cette époque, à ces visages, à l'importance qu'ils avaient alors. Un changement bienvenu par rapport à des événements plus récents puisque c'est avec plaisir que je repense à cette période-là. On se rend alors compte que le monde est vraiment petit. Les coïncidences de cette nature arrivent relativement souvent et, quand on y pense, c'est assez étonnant. Comment se fait-il qu'on puisse précisément se retrouver face à quelqu'un qu'on a perdu de vue depuis des années, justement dans cette rue exactement à ce moment-là ? Sur la multitude démographique, on retombe pile sur ce quelqu'un qu'on connaissait et qu'on a perdu de vue depuis des années. Étonnamment, elle n'a plus de contact avec D. depuis bien longtemps.

20/04/2008

20/04/08 - 09:48

Bang Bang

I was sane and he was sick, we fell for some stupid trick.
He was mean and I was naff, he was no more than riffraff.

Bang Bang, he shot me down
Bang Bang, I hit the ground
Bang Bang, that awful sound
Bang Bang, that arsehole shot me down.

Seasons came and changed the time, I grew up and opened my eyes.
Now he's left and gone away, I've put him back where he will stay.

Bang Bang, I shot you down
Bang Bang, you hit the ground
Bang Bang, that awful sound
Bang Bang, I finally shot you down.

Music plays and people sing, but for whom the church bells ring?

Now he stalks, I dont know why.
I don't care, to me he died.
He's of no significance, he's nothing more than good riddance.

Bang Bang, he shot me down
Bang Bang, I hit the ground
Bang Bang, that awful sound
Bang Bang, I finally shot you down.


14/04/2008

14/04/08 - 20:26

Floodland

Retour incertain après une journée ponctuée de déclarations insolites de la part des uns et des autres. Un final meilleur que du xanax puisqu'un collègue avait apporté quelques bouteilles de champagne pour la naissance de sa fille. Après deux verres, il était temps de partir sous un ciel gris, déchiré et déversant ses trombes d'eau sur un parcours aux abris végétaux d'un vert malgré tout printanier et luisant de l'eau céleste. Champagne aidant, j'avais l'impression que mes pas étaient plus lents que la vitesse à laquelle j'avançais, comme si j'avais marché dans une sorte d'apesanteur à seulement quelques centimètres du sol. Une espèce de slow motion au sein d'un décor en accéléré. L'impression générale de la journée m'a rappelé 'Fleurs de saison', sorte de constat des événements se succédant dans une violence, inexorable et relative, pour au final, ne laisser qu'un constat d'éternel recommencement, de correspondance entre des détails de natures diverses qui font écho qui à des souvenirs enfouis, qui à des rêves insensés, qui à des imminences tangibles.


13/04/2008

13/04/08 - 21:28

Cohérence



Cogitations et échanges divers m'ont mené ces derniers jours à être plutôt content d'une chose importante. La cohérence. J'ai la nette impression d'avoir su maintenir la barre dans la bonne direction malgré les dangers de la navigation. Avancer précautionneusement et méticuleusement m'a toujours permis de pouvoir me regarder en face, de ne pas avoir honte de mes actes. Avoir pris conscience de cela de manière évidente me procure une satisfaction non négligeable et me fait dire que malgré certains aspects, je suis, à ce jour, globalement content de ma vie dans sa globalité parce que sa cohérence, son intégrité et sa droiture m'en font retirer une certaine fierté. Et ces aspects-là sont les plus importants. De plus, un grand ménage dans mon ordinateur aujourd'hui m'a permis de me débarrasser de souvenirs encombrants, détruire des messages suintant la fausseté, éliminer des photos mortes et me souvenir de quelques pieds-de-nez effectués à bon escient pour contrebalancer le fardeau de certains engagements avortés, avec un plaisir partagé. Les quelques commensaux de literie en question me sont toujours chers et ce, d'autant plus à la lumière de ce qui s'affiche de plus en plus nettement sous mes yeux et dans mon esprit.

09/04/2008

09/04/08 - 20:38

Strange Phenomena

Les petits riens du quotidien se succèdent dans un rythme effréné ces derniers temps. Après le week-end passé avec P. que je n'avais pas vu depuis septembre, le cortège de micro-événements s'emballe autour de moi. Les exacerbations de mon entourage font passer de la tristesse, de la compassion à l'hilarité absurde, comme lorsque C. est arrivée en larmes après prononciation de son divorce il y a quelques jours, tout le petit groupe a fini dans de grands éclats de rire. Comme quoi, même à la Commission, on rigole autant que dans une cour de récré.
Après plusieurs semaines depuis la reprise, j'ai recroisé la femme aux cheveux blancs ce matin. Nous nous saluons toujours en souriant dans le soleil matinal, ce qui est toujours un petit plus pour commencer une journée. Au même endroit, j'ai remarqué il y a déjà trois mois, un graffiti représentant un panda et qui me fait penser à mon petit K. deux fois par jour. Son grand jour se rapproche. La tenue est prête, les billets de train aussi. Angoisse et joie mêlées à mesure que l'événement devient tangible.
Touché aussi par le récit et les sentiments, la simplicité et tout simplement l'humanité du drame rapporté par Kolokani, une sorte de perspective sur ces aléas de la vie s'immisce dans mon esprit. Avec une sorte de sérénité de savoir que l'on peut apporter un peu de réconfort par seulement quelques mots.

03/04/2008

03/04/08 - 22:37

Bokmål

Étrange sensation. Journée inhabituelle qui s'est terminée aux bureaux où j'ai passé mon entretien il y a deux ou trois semaines pour la réponse que j'attends toujours. Ce coup-ci, il s'agissait d'aller faire un enregistrement pour le doublage d'un dvd et il fallait une voix en norvégien bokmål. J'y ai donc passé 1h30 pour des essais rémunérés. Si c'est concluant, je devrai y retourner puisque dans tout Bruxelles, ils n'ont pas réussi à trouver un Norvégien pour le faire. Comme quoi, le relationnel, ça peut parfois servir. Mais le plus bizarre était de m'entendre parler bokmål. Des années que je n'ai pas eu l'occasion de le parler. Les retours dans le casque et l'écoute des phrases enregistrées me paraissaient étrangères. Littéralement. Impression d'entendre quelqu'un d'autre parler, d'autant plus que je ne comprenais pas une bonne partie de ce que je lisais (enfin, plus ou moins puisque j'avais déjà potassé la traduction en anglais). Simultanément, j'étais satisfait de constater qu'à la simple lecture, forme la plus passive, je comprenais tout de même pas mal de choses. Les souvenirs revenaient, finalement.
Riktig, det vær bare bra å gjører.

02/04/2008

02/04/08 - 21:36

Queer

Les journées passées à attendre sont en train d'atteindre un paroxysme. Mais ce matin comportait quelque chose d'étrange. D'abord, le chemin jusqu'au bureau, la couleur du ciel, quelques oiseaux croisés, le silence dans les rues (j'ai l'impression que c'est encore les vacances en Belgique), les chansons de la lecture aléatoire dans mon iPod que je recommence à pouvoir écouter dans la rue pour aller bosser. Et puis la routinière réunion d'unité ce matin. Le tour de table a commencé. Au bout d'un moment, j'observais mon chef d'unité, un homme profondément humain, compréhensif et bienveillant, et je me suis mis à lui trouver une ressemblance physique avec mon beau-père. De là, mon esprit a vagabondé. J'ai repensé à mon père. Vingt ans déjà qu'il est mort. Je me suis interrogé sur les souvenirs que j'ai encore de lui. Mais ils s'éloignent et deviennent un peu plus flous. Je pense de plus en plus à ce mariage dans trois semaines. Tout est mis en perspective, événement familial avec de fortes tensions latentes qui ne demandent qu'à exploser, sorte de bilan provisoire mais sans appel. J'aurais aimé que mon père y assiste. Peut-être pour prendre une sorte de distance vis-à-vis de la gifle continuelle qui, malgré l'impression que j'avais de progrès en juin dernier, se répète. Mais la fin de cet état est venue. Il est grand temps.

 

"An error does not become truth by reason of multiplied propagation." - Mahatma Gandhi

"Et au plus élevé trône du monde, sis ne sommes assis que sus notre cul." - Michel de Montaigne

"Freres humains, qui après nous vivez N'ayez les cueurs contre nous endurcis, Car, se pitié de nous povres avez, Dieu en aura plus tost de vous mercis." - François Villon

"I have a dream..." - Martin Luther King

eXTReMe Tracker