Hjartað hamast eins og alltaf en nú úr takt við tímann...

24/06/2008

24/06/08 - 23:21

Ecotone

Si je quittais Paris quasiment à contre-cœur la semaine dernière, mon retour dans le Sud-Ouest m'a dans une certaine mesure apaisé. Reliant Paris depuis Toulouse aujourd'hui, je regardais avec une sorte d'étonnement attendri et renouvelé les paysages de "mon" Sud-Ouest., comme cajolé par une mélodie de Tricatel. L'empreinte laissée en moi par ces éléments constitutifs de mon patrimoine culturel et affectif est profondément enraciné. Le bercement du train le long du canal du Midi, bordé de ses platanes si caractéristiques, m'assoupissait et me plongeait dans des souvenirs paisibles, ponctués par les images de tous les visages revus durant ces quelques jours. Mon appartenance à ce "pays" est indiscutable, ne serait-ce que par mon accent, tant elle est naturelle. N'ayant pas eu de vie sédentaire, il m'est toujours difficile de pouvoir répondre à la question de ma provenance. La seule évidence, c'est Toulouse. Bien que d'autres lieux aient acquis, au fil des années, une importance considérable et que certains pèsent désormais lourd dans un choix éventuel de port d'attache durable, la Ville Rose, demeure mon épicentre et rayonne sur tout ce grand Sud-Ouest, dans ces gares aux repères familiers depuis l'enfance. L'exil a ceci de curieux qu'il permet de ne jamais tenir pour acquis quoi que ce soit. De même peut-être que passer du lit d'un homme à celui du suivant contribue à chercher celui qu'on idéalise - et qu'au final, on ne trouve jamais. Les parallèles géographique et affectif sont aisés : on revient à sa source comme on se livre aux bras d'un amant. La ville quittée se redécouvre inlassablement, comme on goûte pour la première fois à chaque centimètre carré de peau d'un corps dont on connaît pourtant par cœur l'architecture anatomique. Si les hommes ne s'illustrent que par leur absence, leur fuite, leur faillibilité et leur lâcheté, une ville résiste au temps. It stands up. Et particulièrement Toulouse, toujours debout après AZF en 2001. Les lieux sont et se suffisent à eux-mêmes, ignorants de et insensibles à nos tragédies individuelles. L'inertie minérale a de quoi faire envie et ce n'est naturellement pas un hasard si la pratique du zen s'accompagne notamment de la contemplation de jardins de pierres. Après tout, un galet poli par le vent, l'eau, le sable ou le sel ne finit-il pas par avoir un grain tout aussi doux que le bouleversant torse de C. ? S'il peut en avoir la même chaleur lorsqu'écrasé de soleil, sa froideur naturelle n'est rien à côté de l'indifférence de ces hommes qui nous remuent les tripes jusqu'au plus profond de nous-mêmes, dès lors que nous réalisons que l'amour et le désir que nous leur portons ne font que résonner dans le vide.

22/06/2008

22/06/08 - 17:47

Pink City



Retour aux sources. Toulouse est et restera la plus belle ville du monde. Les souvenirs visuels et nominatifs se bousculent dans la chaleur écrasante et l'éblouissante luminosité tranchantes avec le rose omniprésent. Désynchronisés, ils se teintent de surprise ou d'attendrissement. Des visages, des sourires. Peut-être superficiels mais peut-être pas, fondamentalement. Dans un geste, dans un édifice, dans tout ce que la mémoire et les sens peuvent ramener à la surface cérébrale, comme l'odeur du métro parisien, si caractéristique. Mais même ici, l'odeur a quelque chose de singulier. Le hasard de mes pas me menant en des lieux que ma rétine ou ma mémoire reconnaissent conjugue ce ressourcement avec une pérennité des repères qui s'effacent régulièrement à cause de mes trop rares visites. Le bilan à faire, puisqu'à un tournant décisif de mon parcours, devient ici tangible. Comme devant la crainte de ne plus pouvoir atteindre ce phare fixe quoique flou. Je remarquai ce matin dans les rues que certaines règles pourraient même être contournées du fait d'être ici. Bizarrement, je me sens ici plus proche de mes propres repères même si les différences sont là, évidentes. En obtenir une symbiose n'est pas chose aisée mais les éléments disséminés ça et là participent de ce but à atteindre, tout en continuant à brasser de l'air, du creux, du vide. Plus on tente, plus on se trompe. Et les coups d'essai, qui n'en sont pas, sont de toute manière des coups dans l'eau.

18/06/2008

18/06/08 - 11:05

Dress torn in ribbons and in bows

Je regardais hier Paris s'éloigner par la vitre jusqu'à la semaine prochaine et je m'élançais vers ce Sud-Ouest que je fantasme peut-être autant que l'Angleterre ces dernières années. Déconnecté dans le train, j'écrivais à la main et me rendais compte que si l'écriture sur clavier ets plus pratique, plus immédiate et plus achevée, le plaisir de sentir mon feutre glisser sur mon carnet manque à l'exercice scriptural que j'ai entrepris avec ce blog. Peut-être faudra-t-il un jour que je le recopie entièrement à la main pour le plaisir de voir ces kilomètres d'écriture défiler sous cette prolongation de la main cérébrale.
Comme à chacun de mes passages à Paris, je réalisais à quel point Paris me manque. Mais en aucune manière je ne regrette aujourd'hui ma situation. L'éventail des possibles y semble plus étendu et c'est probablement ce sur quoi je focalise ; l'idée, ou plutôt l'illusion, que là, plutôt qu'ailleurs, la rencontre, l'imprévu et le possible mijotent. Malgré la démonstration empirique d'un contraire manifeste, le "je" a la tête dure et baigne toujours dans l'expectative d'une épiphanie, illusoire croyance en la permanence du bon et du beau. Mais j'ai l'impression de commencer à apprendre plus vite, comme si tout s'accélérait - et de fait, tout s'accélère vraiment. Ce qui n'est que réflexe recèle toujours le danger d'une hache s'abattant avec force (et les comparaisons incessantes en accroissent le poid), aussi inexorable que le désir que peut provoquer le corps d'un homme. Celui-là même qui a causé un tel choc sensoriel la semaine dernière et dont je ne soupçonnais pas l'étendue du pouvoir en sonnant chez lui.
Mais le problème majeur étant désormais réglé, autant tenter d'être philosophe. Forcément, l'envie d'ailleurs subsiste... le mirage du "ce sera mieux ailleurs, autrement". Toujours considérer la facette du prisme au travers duquel on observe les choses. Faire fi des idées toutes faites.
Et hier soir, la lune rousse surplombait la mythique colline coiffée de sa micro-basilique.

14/06/2008

14/06/08 - 00:19

High Voltage



Ce matin, j'ai pensé à faire ma photo.
Alors que je suis rentré en France, j'ai néanmoins l'impression que mon séjour est placé sous le signe du speculoos. Je suis dans un supermarché et je me promène parmi des rayons interminables de pâtes à tartiner, j'en regarde les pots, je goûte la saveur de certains. Parfois, je découvre un pot dont le contenu me fond sur la langue. Mes papilles frissonnent de plaisir. L'analyse sensorielle de la douceur de ce sucre remonte jusqu'à mon cerveau à une vitesse fulgurante et les neurones prennent le relais des cellules linguales. La machine s'emballe. Le seul problème, c'est que je ne prends pas la peine de lire la composition sur l'étiquette. OGM ? Ingrédients bio ? Graisses saturées ? Éléments allergènes ? J'en sais rien. La sensation en bouche occulte parfois la ligne de conduite. J'ai encore acheté un paquet d'oreos blancs cet après-midi et en les mangeant, j'ai repensé au dîner, puis au dessert tardif et enfin au petit-déjeuner marqué par ma main poisseuse qui a laissé une trace. Je m'interroge sur le sens de la chose. Je suis perplexe par l'intensité de ce qu'il s'est passé entre lui et moi, d'autant plus qu'il semble s'interroger pour la même raison. Je ne m'attendais pas du tout à ce résultat, pourtant il est bel et bien là. Je suis intrigué. Partagé par un désir irrépressible de cette satiété des sens d'avant-hier soir et une méfiance suspicieuse de la réalisation que l'oreo blanc est bel et bien bourré de lécithine de soja transgénique, de glutamate de sodium et d'huile de palme. J'avais envie d'un plat d'épinards salés et nature et je me retrouve avec un dessert sucré, doux, léger, à la texture idéale et au goût subtil et délicat... dont j'ai bien entendu envie de reprendre une part.

12/06/2008

12/06/08 - 22:34

Up, up and always

Je me suis instantanément replongé dans le rythme parisien dès que j'ai posé mon sac hier après-midi. Aussitôt foncé chez C. avec qui la soirée et la nuit ont de loin dépassé ce à quoi je m'attendais. Évidemment, je ne suis reparti de chez lui qu'en fin de matinée aujourd'hui et n'ai donc pas pu faire ce que j'avais prévu. J'ai encore oublié de prendre mon appareil photo en descendant retrouver T. alors que je voulais prendre l'affiche de l'expo actuellement à Beaubourg par laquelle je voulais illustrer mon post de ce soir. La main représentée m'a de suite fait penser à la tache que ma main a laissé sur le drap de C. ce matin, pour marquer le coup de ce grain de peau insensé et délicieux.
Revu l'inénarrable T. avec toujours autant de joie et je me demande dans quel état est son cadeau à l'heure où j'écris ces mots. Puis, plus tard en début de soirée, j'ai coupé par la rue Blondel pour revenir de chez N., rue propice aux rencontres rémunérées et éphémères. "Je vous emmène ?" me propose une prostituée aguicheuse. "Désolé, je suis pédé." réponds-je en lui souriant. "Ah oui", me dit-elle avant de rajouter après une courte pause : "J'ai rien contre !". Je lui ai souhaité une bonne soirée. Et bien que je ne supporte pas le politiquement correct, je n'avais pas envie de la qualifier de "pute" pour exposer cette anecdote. Après tout, ces nanas et ces mecs méritent amplement le respect.

11/06/2008

11/06/08 - 07:17

Panem et circenses

Game over.
Dernière journée hier à la Commission. Pas fait grand-chose, si ce n'est passer un peu de temps avec chacun de mes désormais anciens collègues pour les remercier du magnifique cadeau qu'ils m'ont fait. Au cours de ces six derniers mois, je n'avais jamais vu quelqu'un autant gâté que moi lors d'un pot de départ. J'ai été particulièrement touché. Le tout avec le plaisir de coucher à Paris ce soir, avec un agenda déjà chargé pour la semaine qui vient avant de gagner Toulouse. Mais samedi, une certaine nervosité ne me mettra pas le ventre en émoi puisque depuis mon premier voyage intersidéral, je me suis habitué à la présence de l'alien et je recherche même sa compagnie. Je saurai même en accroître la bienveillance par une petite surprise.
Autre plaisir : j'ai récupéré mon exemplaire signé de mon contrat de travail. C'est devenu vrai. J'ai presque envie de l'encadrer et de le placarder au mur.

08/06/2008

08/06/08 - 08:49

Igirisu-jin

Je me suis levé tôt, comme à mon habitude. Après la soirée avant-hier soir organisée par mon futur employeur, des impressions étranges se sont emparées de moi. Ou plutôt insolites. Un côté sociable dont je n'avais plus l'habitude. Mais très agréable. Ça sent l'imminence de ma prise de fonctions et j'en suis particulièrement excité. Mes deux derniers jours à la Commission puis mon voyage à Paris et à Toulouse jusqu'à la fin du mois me réjouissent. J'ai la sensation que tout se met en place parfaitement et que je vais me ressourcer pour me lancer dans mon statut officiel de journaliste dans de bonnes condition.
L'avalanche de messages de gens dont je n'ai parfois pas de nouvelles depuis un moment, suite à l'annonce de ce boulot, m'a fait très plaisir, malgré l'absence de réponse de la part de V. mais après tout, c'est peut-être délibéré ? Alors que j'attends l'arrivée d'E. que je n'ai pas vue depuis quatre ans, j'anticipe les bons moments que nous allons passer au cours de ces trois jours. Elle repart mercredi quelques heures avant mon départ pour Paris. E. est un personnage étonnant et singulier, une Japonaise exilée à Oslo où nous nous sommes rencontrés il y a dix ans.
Hier soir et ce matin, je repensais aux mots de N. et je suis toujours aussi admiratif de ce ressenti qu'il expose au grand jour ici, tout en ayant à l'esprit que ce qu'il décrit reste inaccessible et de l'ordre de la science-fiction. J'imagine que tant qu'on n'en a pas fait l'expérience soi-même, il est impossible de comprendre totalement ce qu'il dit. Le passage empirique est obligatoire. Je suis envieux de sa situation, quelque part jaloux de ne pas avoir atteint cet état de sereine béatitude analgésique. J'affectionne son naturel, son évidence, sa simplicité. Le revoir à Paris ces prochains jours va me faire particulièrement plaisir et me remplir d'énergie positive.

02/06/2008

02/06/08 - 07:31

Personal mythology

Une vertigineuse accélération s'est enclenchée. Après l'incroyable nouvelle du CDI vendredi, j'ai reçu hier un message de X. me souhaitant un bon anniversaire "avec un jour de retard", alors que c'est aujourd'hui. J'ai souri en le recevant et j'ai malgré tout été touché qu'il y pense. Maintenant que j'en enfin un statut et que je deviens quelque chose, va-t-il se raviser ? Bien sûr que non. Mais tout de même, il y a pensé malgré notre silence depuis plus de deux mois maintenant.
La nuit, très mauvaise, a également apporté son lot de surprises, peuplée des rêves étranges. Je me suis d'abord revu rue Charlemagne à Paris, dans l'appartement aujourd'hui. Les événements avaient bien eu lieu et le fucking ex revenait, repentant - faussement ou non... comment le savoir ? Il me faisait de grandes promesses mais je n'étais pas dupe un seul instant, j'avais la main et comme les derniers temps, il n'avait pas la moindre prise sur moi.
La seconde partie du rêve était une crucifixion à une barrière. La main droite était clouée sans le moindre ressenti sensoriel par un bellâtre brun qui s'excusait d'avance de devoir passer à la gauche. J'avais peur de la douleur pour la gauche mais le rêve s'est arrêté.
Premier coup de fil de la journée avec une jolie parole sur Papa veillant peut-être sur moi depuis l'au-delà puisque la date-anniversaire symbolique a tenu lieu de grand virage. Et bien sûr, fidèle à ma tradition à moi, j'ai immédiatement écouté ma chanson d'anniversaire comme tous les ans le 2 juin, dès le réveil.

 

"An error does not become truth by reason of multiplied propagation." - Mahatma Gandhi

"Et au plus élevé trône du monde, sis ne sommes assis que sus notre cul." - Michel de Montaigne

"Freres humains, qui après nous vivez N'ayez les cueurs contre nous endurcis, Car, se pitié de nous povres avez, Dieu en aura plus tost de vous mercis." - François Villon

"I have a dream..." - Martin Luther King

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