Hjartað hamast eins og alltaf en nú úr takt við tímann...

30/12/2008

30/12/08 - 10:21

Lego

Pendant longtemps, pour ne pas dire depuis toujours, j'ai été en quête d'une immuabilité. Le changement pouvait, par certains aspects, paraître effrayant. Pourtant, aujourd'hui, je réalise que cette stabilité est illusoire. Mon escapade de Noël chez mes parents m'a étrangement fait réaliser cela. Certes, hier matin en partant, j'étais triste de quitter mes proches et ce lieu désormais familier qui n'a cependant pas l'autorité émotionnelle et le poids affectif de ces endroits chargés du souvenir de la petite enfance. Comme T. n'a cessé de me le répéter pendant cinq ans, "les gens ne changent pas, ils évoluent". Pour la première fois, cela m'apparaît flagrant chez moi-même. Les attaches à ce lieu sont naturellement devenues plus solides avec les années mais je constate que cela ne se vérifie pour l'instant qu'avec le temps et l'éloignement. Même si cela n'est pas le cas avec tous ceux où j'ai traîné mes guêtres. Alors qu'une nouvelle fois, le train m'entraînant vers Paris me fait analyser le rapport que je porte à ma destination, je me sens précisément en transit, de passage dans cet espace-temps. La permanence, l'immuabilité, le statique s'effacent progressivement. Des détails aussi absurdes que l'achat d'un appartement, la sédentarité d'un emploi, voire une potentielle relation, ma vie à l'étranger m'apparaissent soudainement aussi fragiles, illusoires et éphémères que des mirages. Frappé par la familiarité de mes cogitations avec les nouvelles de Carson McCullers qui m'accompagnent le long de ce voyage, je m'interroge sur la finalité de tout ceci. Les détails du quotidien ne prennent d'importance qu'au travers d'un ressenti individuel. Quelle charge peut bien avoir le récit du remarquable ensoleillement d'hier matin dans le salon parental, de ma furtive visite aux poissons sur la terrasse, des blagues de mon frère ? Aucun pour nul autre que moi mais l'importance de ces détails est capitale dans mon univers et je suis saisi par la résonance, l'exactitude et la précision de ce que je viens de vivre ces derniers jours et de ce que j'ai lu dans le train hier.
La charnière 2008 s'achève et, résolument, malgré une relative stabilisation, j'ai la sensation que 2009 s'annonce comme une nouvelle page, même si je me réveillerai après-demain matin comme tous les autres matins et que le changement de chiffre n'aura fondamentalement rien changé au quotidien, bien évidemment.

24/12/2008

24/12/08 - 16:03

Selfstrangement



Bien que globalement décrié, j'affectionne Noël depuis de nombreuses années. Point d'attroupements familiaux forcés, juste le petit comité réglementaire, agrandi d'une belle-sœur désormais. J'apprécie de fait l'esprit censé présider à cette célébration (même si concrètement, il en a quasiment disparu). Comme tous les ans, il va surtout s'agir d'une effervescence en cuisine et la soirée se passera tranquillement entre beau-père consensuel, mère directive, frère pitre et moi autiste. Loin de donner dans l'obscène débauche consummériste (quoique la qualité de gourmets de la sainte famille puisse laisser penser que...), Noël n'est pas une corvée. Simplement un moment de réunion que j'apprécie malgré les blocages et dénué de toute portée religieuse au sens littéral. D'où mon envie de Died Moroz et Snegurochka afin de rester un peu plus dans l'esprit. Comme si l'Esprit du Froid s'était investi des conditions météorologiques en vue d'une symbolique dérisoire des vacances de X. à quelques dizaines de kilomètres d'ici.
Venant de fournir quatre jours de travail bénévole, j'éprouve une relative satisfaction mêlée d'une auto-distanciation quasi-enfantine de ne pas comprendre pourquoi certaines choses ne changent pas. C'est comme un terrain sur lequel le jardin change de visage mais dont les murs de la maison restent immuablement identiques malgré le passage du temps. Une maison perdue en pleine campagne où les marques temporelles n'ont pas prise. Où seul le lierre recouvre peu à peu les murs de manière imperceptible. Un lieu hors du temps, uniquement rythmé par la valse des saisons. Une torpeur doucettement cadencée ayant depuis longtemps refermé ses serres sur une existence dont les désillusions se succèdent, laissant son sujet dans une contemplation analgésique. Sorti de la tourmente, il n'est quasiment plus qu'observateur d'un cortège d'événements somme toute insignifiants. Et finalement, c'est bien ce en quoi consiste la vie, un non-événement qui s'étiole et s'étire au fini avant de disparaître dans une nirvanesque incertitude.
Joyeux Noël...


17/12/2008

17/12/08 - 22:14

Wandering mood

En écoutant la radio ce soir (bien que ce ne soit pas le jour de "mon" émission), une anecdote m'a frappé. Josyane Savigneau, ancienne journaliste au Monde, racontait un rendez-vous avec Marguerite Yourcenar à Kathleen Evin. Accueillie chez l'écrivain, elle se retrouvait à devoir utiliser sa salle de bain. Sa surprise teintée de démythification a également été la mienne il y a quelques années. J'étais encore en pleine rédaction de thèse et j'entretenais déjà avec ce cher Monsieur M. des rapports cordiaux, amicaux et chaleureux. Un jour qu'il m'avait comme à son habitude prié à déjeuner en sa délectable compagnie, j'ai dû moi aussi m'éclipser dans ce quasi-naos où l'on se trouve soudain catapulté à bas de son idéalisation du maître ou de la maîtresse. L'atterrissage nous fauche de plein fouet. Ledit maître avait un lieu dans lequel faire sa toilette et ses besoins. L'esprit qui avait donné naissance aux écrits fascinants qui m'avaient suivi le long de mes cycles rédactionnels divers étaient aussi incarnés et prisonniers de la matière que moi-même. Mais le syndrôme Abba turd ne m'ayant pas touché, je n'ai pas été affecté outre-mesure, passé le moment de la prise de conscience de cette normalité évidente de la statue sur le piédestal. Le temps mène généralement à démythifier ces gens que nous admirons, à tort ou à raison d'ailleurs. Seul ce facteur temporel parvient à abaisser les frontières nous permettant de percer les apparences d'un individu et d'en contempler la réalité au grand jour. Exercice fascinant, voire effrayant.

15/12/2008

15/12/08 - 21:10

Sensual World

Occupant ensuite mon temps en travail bénévole (c'est fou ce que je peux bosser depuis que je ne suis plus chômeur... à croire que j'aime ça !) avec siestes par intermittences, j'attends l'heure du départ pour mon petit périple de célébration du Sauveur. Avec une petite tournée de visages amis à la clef avant une éventuelle prospection immobilière, j'ai pris mon plaisir du week-end en écoutant religieusement mon émission favorite il y a quelques dizaines d'heures. Je ne manquerais ce rendez-vous radiophonique pour rien au monde, et grâce au Ciel, le podcast a été inventé pour les soirs où j'ai d'autres priorités. Mal fichu depuis lundi, et ayant gardé le lit mardi, je n'étais pas bien frais en écoutant la suave voix de Sophie Loubière. Le fond sonore de pluie de début d'été à sa première lecture me faisait frissonner. Descendant tasse de thé sur tasse de thé, je me caparaçonnais dans mon fauteuil, savourant les mots, puis le choix musical, toujours aussi piquant, cet humour tongue-in-cheek. Toujours cette petite pointe dans la voix et la manière de la poser, faisant ainsi passer tout une discrète mais néanmoins vivante énergie à ces textes, conférant une cohérence et une cohésion à ces ensembles radiophoniques réguliers. Cette proximité, cette connivence intime à nous susurrer ces petits mots doux à l'oreille à l'heure où beaucoup de ces bipèdes (dé-)cérébrés qui nous servent de congénères sont déjà en état d'éthylisation valent bien toutes les sauteries. Forcément, écouter ça au coin du feu en ronronnant avec une boisson chaude vaut tous les plaisirs (solitaires) du monde.
Comme quoi, on peut devenir accro aux choses les plus inattendues.

11/12/2008

11/12/08 - 21:36

Lenient Ra

L'écoute à répétition d'une chanson, a priori ne faisant pas partie de mon répertoire de cœur, m'a depuis hier donné matière à réfléchir à une sorte d'universalité et de pérennité. À partir de la simple mélodie et des chœurs l'appuyant, je prenais conscience de la relativité de ce qui marque au fil du temps. Je me rendais compte de l'étroitesse d'esprit de certaines attitudes, observées ça et là au cours des années, qui avaient pu paraître "cool" de prime abord mais qui se révélaient être au final que le résultat d'une fatuité et d'une bêtise intenses. Parce que les sujets chez lesquels je les ai observées n'étaient au fond que des stéréotypes. Ce que bien souvent les marginaux créent, ce n'est qu'une reproduction de la norme qu'ils dénoncent. Leur norme n'est rien de plus qu'un parallèle. Rien n'est plus bête que de reproduire ce que l'on reproche aux autres. Or, c'est souvent à ce stade que ça s'arrête. Le cheminement contestataire se cantonne à une sorte de confort permissif, prétexte à tout et n'importe quoi, sous couvert d'hypocrisie et de mauvaise foi. Ce qui me fait apprécier la souplesse d'esprit de certaines de mes récentes rencontres, la manière de ne pas se prendre au sérieux, voire de me faire prendre conscience de certains traits chez moi qui auraient pu s'ossifier jusqu'à devenir des travers négatifs. Mais l'attitude de R. après ma bourde phénoménale le concernant et l'humour de X. ce soir me rassurent sur ma perfectibilité. Et c'est tout ce qui compte.

05/12/2008

05/12/08 - 23:02

Eerie

Course sous la pluie pour une journée un peu étrange au boulot aujourd'hui. Après la visite du Dalaï-Lama au Parlement, il y avait de la matière dans les nouvelles. Mais l'humeur de tout le monde était bizarre : fatigue accumulée par plusieurs semaines de boulot harassant, excitation d'un week-end pas volé, réelle tristesse de voir E., le jovial traducteur de grec, partir lundi.
J'ai aussi remarqué en arrivant au et en partant du boulot une vieille femme à travers la vitre d'une maison de retraite devant laquelle je passe donc quotidiennement. J'y ai fait particulièrement attention ce matin, puis cet après-midi en partant. Elle était affaissée dans un fauteuil, près de la vitre qui la sépare de la rue, un épais châle en polaire sur les épaules, la tête penchée. Peut-être dormait-elle ? Mais en sortant tout à l'heure, je l'ai revue quasiment dans la même position, au même endroit. Elle y avait probablement passé sa journée. Comme la veille. Et l'avant-veille... Cela semblait dérisoire mais les cours de français de première me revenaient en mémoire, sur le passage du temps. Ne pas s'attacher aux choses, même si on le fait malgré soi. Simplement observer la succession des événements comme une somme inévitable formant un tout. Oublier les épisodes insignifiants, se focaliser sur qu'il reste encore à accomplir, évaluer ce qu'on a déjà fait. Avant d'atterrir dans le fauteuil de la vieille dame. Elle me faisait penser à ma grand-mère que je vois trop peu, au constat qu'on fait de sa vie, au temps gâché, perdu pour des gens ou des choses inutiles. Mais il y a tout de même la satisfaction par certains côtés d'avoir pu se libérer et de prendre des directions si, pas franchement celles qu'on voulait, du moins celles qui ont permis de rectifier le tir.

01/12/2008

01/12/08 - 19:38

Uncanny how he

Uncanny how he proceeds into further thinking.
Mon dimanche a été désagréable : levé avec une migraine et mal à la gorge, j'ai traîné jusqu'à 15h00 avant de me décider à prendre ma douche. L'invitation à dîner me motivait de toute manière à m'y mettre tôt ou tard. Puis, après diverses bricoles sans intérêt, je songeai à sortir à mesure que les heures passaient. C'est évidemment à ce moment-là que X. m'a appelé en urgence pour me demander s'il pouvait venir prendre une douche chez moi, son chauffe-eau ayant rendu l'âme. À seulement une demi-heure avant de partir pour mon dîner, je lui ai dit de venir. Sitôt arrivé, il s'est déshabillé sans pudeur, pour se diriger vers la salle de bain. Magnétisées, mes mains se sont inévitablement plaquées sur lui, encouragées par le baiser à son arrivée. Notre discussion m'a en quelque sorte déçu. Le récit de son week-end m'a soudainement fait réaliser que l'amour et le désir que je nourris à son encontre ne sont pas suffisants pour supporter certaines de ces habitudes et de ses pratiques. Pourtant, alors qu'il se rhabillait et qu'il s'apprêtait à sortir avec moi puisque je partais dîner, je lui ai demandé un câlin qu'il m'a immédiatement donné. En dépit de ce que pensent ses nombreux détracteurs, X. n'est pas un salaud. Il a certes ses travers qui peuvent déplaire mais il n'est pas un salaud. Étrangement, nous nous sommes séparés devant la porte de chez moi en projetant de dîner ensemble ce soir. Mais ce matin, la migraine était encore là et je me sentais encore un peu fébrile. Elle s'est dissipée au cours de la journée et comme convenu, j'ai appelé X. pour convenir du lieu et de l'heure de notre rendez-vous. Toujours incisif dans son humour, il me proposait de le rejoindre mais j'ai pour la première fois refusé. Puis, dans le tram qui me ramenait chez moi, son corps nu hier soir repassait dans mon esprit. J'aime toujours ce corps, j'ai toujours envie de son odeur, de sa peau, de sa voix apaisée post-coïtale, de sa tignasse rousse mais j'étais étonné de m'être décommandé. Peut-être que cette année a enfin eu raison de ma résistance et que le processus de détachement s'est enclenché. Je trouvais mon désir de lui presque routinier, finalement. Je suis en général lent à la détente en matière de mecs mais ce changement imperceptible est pourtant éloquent, sorte d'affranchissement initié par une relative lassitude. Il ne s'agit pas d'une brouille entre nous, ni même d'un refroidissement comme au début de l'année. Juste un recul de ma part. Je continue à prendre plaisir à sa compagnie, peut-être même à du sexe avec lui, selon les circonstances, mais le déclic semble avoir eu lieu. Même si je connais le X. qui se cache derrière la façade qui l'a fait prendre en grippe par une bonne proportion de mon entourage, j'ai enfin saisi que cette façade, si elle ne se fissure pas, serait trop présente et trop pesante. Néanmoins, ce X.-là est bien présent derrière et il est attachant. Mais les actes priment toujours sur les paroles. Et cet échange hier m'a soudainement refroidi. Peut-être que cela ne durera que jusqu'à mon prochain rapport sexuel avec lui mais je me sens moins ferré par lui, plus affranchi.

 

"An error does not become truth by reason of multiplied propagation." - Mahatma Gandhi

"Et au plus élevé trône du monde, sis ne sommes assis que sus notre cul." - Michel de Montaigne

"Freres humains, qui après nous vivez N'ayez les cueurs contre nous endurcis, Car, se pitié de nous povres avez, Dieu en aura plus tost de vous mercis." - François Villon

"I have a dream..." - Martin Luther King

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