Boldness
Journée extraordinaire.
Je me suis levé avec entrain pour aller en centre-ville ce matin dans le quartier européen où je suis une formation de deux jours. Content d'éviter mon quartier habituel excentré et de pouvoir avoir une vie sociale entre midi et 14h00. Premièrement, la formation est dispensée par une femme sensationnelle : passionnante, drôle et intelligente. Vers 10h00, j'ai senti mon portable vibrer silencieusement dans ma poche. X. me confirmait notre rendez-vous pour déjeuner. Je me suis évidemment senti me liquéfier sur place mais ai pu me raccrocher à suivre ma formation sur l'écriture pour les media et le public. À 12h30, je me suis précipité dans la rue, le cœur battant à tout rompre. Je l'ai aperçu de loin, il m'attendait. Je suis stupide. Mais je suis totalement sous son charme. Nous nous sommes approvisionnés puis sommes allés dans le kiosque du Parc Royal pour manger nos sandwiches en grelottant. Il m'a fait rire plusieurs fois. J'ai l'impression qu'il se détend un peu avec moi. Même s'il m'a encore dit que nous ne sommes pas ensemble. Allusions à samedi dernier pourtant et il ne les fuit plus. Puis il m'a emmené prendre un chocolat dans un café. J'étais content d'être avec lui. Il est l'inverse en réel de ce qu'il est sur le net (froid). Il a aimé mon écharpe et a voulu la même. Comme je passais devant H&M en rentrant, je lui ai proposé de lui en prendre une. 14h00 approchant, nous avons refait un bout de chemin ensemble. Au moment de nous séparer, la bise a été hésitante : joue ou bouche ? Joue mais très près de la bouche. Puis je l'ai rattrapé par le bras pour lui glisser à l'oreille que j'avais envie de recommencer samedi. Il s'est de suite défendu que ses parents venaient samedi prochain. Mais je lui ai précisé que je voulais une répétition de samedi dernier. Sourire silencieux tout en s'éloignant mais il ne se retourne jamais...
En fin d'après-midi, j'ai traîné dans les bureaux de la Commission avec la formatrice. Nous avons partagé des choses très intimes. J'étais surpris de ses confidences, à moi, "le bébé de la promo". Je me réjouis de la retrouver demain.
Après l'avoir quittée sur le trottoir, je me suis dirigé vers une librairie où je voulais aller m'acheter un livre du merveilleux Gerald Messadié dont j'ai parlé à X. samedi. Ce midi, X. m'a dit avoir commencé un autre de ses livres et je voulais attaquer 'L'affaire Marie-Madeleine', rare personnage biblique m'intéressant. En poussant la porte de la librairie, une affichette a attiré mon regard : "Ce soir, dédicace de Dominique de Villepin". J'ai souri. Je me suis avancé dans le magasin lorsque je me suis aperçu que le grand type qui se tenait à une trentaine de centimètres de moi était Dominique de Villepin. J'ai hésité à l'aborder pour lui raconter ce que la politique de son bord pouvait avoir comme effets et surtout en n'affectant pas une extase ravie. J'ai bien assez avec celle que X me cause. Mais je n'ai rien fait. Je me suis contenté de payer mon livre et de partir, lui lançant un dernier regard goguenard.
J'étais donc à nouveau dans la rue, toujours amusé de cette confrontation insolite et inattendue, du Radiohead vissé dans les oreilles et je suis arrivé devant H&M. Je suis entré, j'ai trouvé l'écharpe et j'ai remarqué un beau gosse à une caisse. J'ai donc commencé à faire la file. Lorsque ç'a été mon tour, je lui ai tendu l'écharpe. Il m'a regardé dans les yeux et m'a souri. Nos doigts se sont effleurés lorsque j'ai payé. J'ai alors réalisé que c'était dans la poche. Il m'a souhaité une bonne soirée et j'ai fait de même. Je suis sorti en me retournant plusieurs fois et il me regardait toujours. J'ai passé la porte puis me suis dit que c'était trop bête. Que j'ai déjà manqué des occasions comme celle-là et que je les ai toujours regrettées. Après tout, X. n'arrête pas de me tenir à distance, alors pourquoi me priver ? J'ai ouvert mon sac, déchiré une page d'un carnet et y ai inscrit mon prénom et mon numéro de portable. Je suis retourné à sa caisse. Il ne m'a pas vu arriver. Je me suis avancé et lui effrontément tendu le papier plié en deux. Regards croisés. Sourires complices. Pas un mot. Il a immédiatement compris. Il a saisi le papier et l'a glissé dans sa poche tout en continuant de s'occuper de ses clients.
Reste l'attente maintenant.
Mon audace m'a surpris moi-même. Pourtant, moi qui aime que l'on soit audacieux avec moi, je devrais l'être plus souvent. C'est parfois payant...
11/01/08 - 00:46
C'est ce que je dis ... incroyable
oOo (visiteur)