Broken
Trois heures du matin. D'habitude, je dors à cette heure-ci. Mais je suis sorti vers 20h15. Je n'en avais que modérément envie : manque d'envie réelle, manque d'entrain, la pluie, le froid. Le début de soirée s'est bien passé. Et puis j'ai fait la connerie de prendre le mauvais itinéraire pour rentrer.
Ils étaient trois. Capuches. Visage dissimulé par des écharpes. Ils m'ont sauté dessus sans crier gare. Coups de poings. Coups de pieds. Tombé au sol. Encore des coups de pieds. Je me suis bien sûr fait traiter de pédé. Ils m'ont menacé pour que je leur donne tout ce que j'avais sur moi. Étrangement et contre toute attente, je me suis plus ou moins débattu et je me suis mis à hurler de toutes mes forces. Ils ont essayé de m'en empêcher mais j'ai hurlé tout ce que j'ai pu. Je crois que la peur n'a pas été le ressenti dominant. Quand le premier m'a pris à la gorge par derrière, je me souviens avoir pensé "Et merde !". Mais pas franchement peur. Au final, je m'en suis simplement sorti avec mon portefeuille disparu : ils ont arraché la chaîne qui le retenait à ma ceinture. Dans la précipitation, ils n'ont même pas remarqué les écouteurs de mon iPod dans mes oreilles. Ni eu le réflexe de palper mes poches dans l'une desquelles se trouvait mon portable quasi-neuf. Je ne m'en sors pas si mal. Si ce n'est tous les coups qui me défigurent. J'ai fini chez les flics grâce à O. qui a eu la bonne idée d'être chez lui.
Déposition. Relecture. Signature. Mes fringues dégueulasses et trempées me dégoûtent. J'ai froid. En quittant le commissariat, un type un peu énervé passe près de moi et j'ai eu une trouille soudaine qu'il ne me saute dessus pour cogner. Les flics m'ont envoyé aux urgences "juste pour être sûr que tout va bien". Attente. J'ai mal aux côtes, à un genou. Et j'ai froid. La médecin me rassure. Et me voilà enfin rentré. Les nerfs ont dégusté. Les emmerdes administratives vont donc commencer pour récupérer cartes bancaires, cartes de sécu et autres (surtout les britanniques, ça va être la croix et la bannière pour les faire refaire d'ici).
Ce qui m'a le plus atteint, c'est la violence gratuite, une fois encore. Physique, ce coup-ci. La haine à l'état pur. Comme dans le regard du fucking ex, lors de sa dernière cuite. La seule image dont je n'ai pas encore réussi à me débarrasser et la seule qu'il m'importe de ne pas oublier. Il peut bien écrire ce qu'il veut ici, comme il l'a fait récemment, je m'en contrefous. Quand on est capable de se faire tatouer mon prénom au bout de quatre ans (pour me larguer l'été suivant pour le premier connard qui passe) alors que, comme il me l'a dit ce soir-là, il ne m'aimait pas depuis le début (seule fois où il a dû me dire la vérité), je pense que quoi qu'on dise, ça ne vaut pas bien lourd. Je ne parviens pas à oublier cette haine. Cet acharnement. Comme mes agresseurs ce soir. La gratuité, la méchanceté, la lâcheté et la haine me choquent. Je ne m'y ferai jamais.
C'est con : ces trois enculés ne m'ont même pas cassé le nez. Pour une fois que j'avais l'occasion de me le faire refaire...
01/03/08 - 03:55
Toute ma sympathie à la lecture de ton post... Dure rélaité du monde qui nous entoure pas toujours de façon bienveillante. Mais pourquoi voudrais-tu refaire ce charmant nez??
guillaumerun