Acte II
Hier a donc eu lieu la seconde partie du mariage... à la turque. J'ai eu l'impression (et je n'ai pas été le seul) à regarder un film pendant tout l'après-midi. La démesure de l'événement, encore plus manifeste que jeudi pour "notre" cérémonie, le kitsch insolite, les clichés criards... tout y était. J'ai été stupéfait par la bonne composition des parents de se prêter au jeu avec autant de bonne grâce. Même K. semblait un peu dépassé. Il fallait se faire expliquer les choses au fur et à mesure par sa famille à elle parce que la plupart des choses étaient dites en turc et nous en ignorons bien évidemment les coutumes. On ne peut pas dire que la minorité blanche que nous étions ait été bien mélangée puisque quasiment personne ne nous a adressé la parole (sauf à mes parents, en tant que parents du marié, forcément). Nous devions être objets et sujets de regards, de curiosité et de commentaires. Le détail qui m'a cependant touché a été le beau-père de mon frère félicitant les mariés pour ce mariage "mixte", belle preuve d'ouverture, de tolérance, d'acceptation. La journée a tout de même été éprouvante par le monde, la sono incessante et à plein volume, l'agitation, les codes et les règles qui semblaient être élaborés à mesure que passaient les heures, la route aussi. Rien à voir avec ce à quoi nous sommes habitués ni avec ce que nous avions vécu jeudi. Forcément, les rites nous étant inconnus, l'émotion était moins prenante pour nous. Et la grande tablée entre nous le soir lorsque nous sommes rentrés nous a semblé bien calme et reposante, d'autant plus que K. et sa femme, donc, sont partis pour leur lune de miel... au château de Candie !