Affranchissement

Ce week-end m'a fait percevoir de manière toujours plus aiguë le passage du temps. Le compte-rendu fait à cette chère vieille C. au téléphone du mariage de mon frère a éclairé ce point précis. Finalement, les jours se succèdent à un rythme chaotique. De même que nous ne voyons pas les mouvements célestes malgré leur course vertigineuse, le temps passe et on se rend compte du temps perdu, gâché, bloqué. On voit se profiler la fin de course de plus en plus nettement et on se dit qu'au bout du compte à quoi bon ? Évidemment, cela remet les choses en perspective, et les choses du quotidien paraissent bien petites. Les idéaux sont catapultés au statut d'obstacles et les rares plaisirs et joies ne sont, malgré leur intensité et leur authenticité, que des éléments perturbateurs dans le processus de détachement et l'on n'a pas forcément envie de les laisser s'éloigner de soi. Mais la véritable sérénité est encore loin. Comme inatteignable. Hors de portée. La vie ressemble au fond au supplice de Sisyphe. La tâche est absurde et tout est à recommencer perpétuellement. Pourtant, certaines choses sont importantes. Cruciales, même. Hier après-midi, je me suis décidé, encouragé par Reality (merci à lui !), à envoyer un message à mon frère. Pour lui dire que je l'aimais. Pour lui signifier combien l'émotion m'a submergé au cours de ce week-end nuptial. Je m'en suis senti léger. Comme une plume voletant dans un courant d'air. Dire à ses proches qu'on les aime fait un bien fou. On devrait le faire plus souvent. Tellement plus souvent ! Mais la plupart du temps tout un tas de blocage aussi stupides qu'irréels nous en empêchent et il faut arriver à se faire violence pour les faire voler en éclats.
29/04/08 - 13:05
Bravo! Génial!!! J'espère que tu auras la réponse rapidement :)
reality